Vivre autrement

Publié le 1 Janvier 2010

Texte de Nina, TES3.

 

 

roots.jpgUn soir d'été, entourée d'amis, je regardais les étoiles le coeur serré, perdue dans l'immensité du ciel.

Des étoiles bleues, d'une taille gigantesque ont tout à coup attiré mon regard. Elles s'entrechoquaient violemment.

Tous nous nous donnions la main : "Alors c'est ça la fin du monde ?!" Je ressentis une brûlure intense comme si mon corps était totalement brulé vif en quelques secondes.

Puis rien. Nous étions tous en vie. Seule la moitié de la planète avait été détruite : étrangement, la partie nord resta intacte.

Pendant des jours un profond malaise s'empara de moi. La planète était comme bancale. Je me sentais mal physiquement comme moralement : déjà préoccupée par la protection de notre Terre, je me devais de réagir alors qu'il n'en restait qu'un morceaux! De plus, ceux qui l'ont polluée, ravagée, dénaturée, avaient été épargnés ! Pure injustice! D'affreux scrupules me tourmentaient.

Je décidais de partir. A l'aventure, vers l'inconnu.

Je m'installai dans une communauté primitive, à quelques kilomètres dans des montagnes. Ainsi le sentiment de culpabilité s'estompa. Je vivais bien, en lien avec la nature, nous ne manquions de rien. Seuls mes proches me manquaient. Je décidai de les voir régulièrement mais dès ma première visite, rien n'était comme avant.

Ma famille n'approuvait pas mon choix, ils voyaient pour moi de grandes études, un bon travail, une jolie maison,... la vie de "pouilleuse" que j'avais choisie les horrifiait.

Mes amis me jurèrent de venir me voir, qu'on se retrouverait le plus souvent possible. Mais plus une nouvelle de personne.

Mon amour me trouva sale, plus aussi jolie, et surtout il se sentait abandonné. Lui qui rêvait de partir, je lui proposai de nous rejoindre, mais se retrouvant face à cela, il ne réagit pas comme lui-même l'aurait cru, et il refusa. L'hygiène et le confort ne pouvaient pas être optimaux.

Dès lors, impossible de faire un choix : vivre dans un système qui me répugne mais avec mes proches ou vivre loin d'eux dans un monde qui me correspond.

 

Je me réveillai, perdue. En ce moment où se rapproche à grand pas la date butoir pour choisir nos vies, une question me tourmente : Aurais-je le courage de partir pour l'inconnu, ayant déjà subit la socialisation de notre monde "moderne" ?

J'aimerais vivre plus simplement, en respect avec la nature, mais connaissant déjà le confort et la technologie, aurais-je la force physique et morale de revenir à l'état de "quasi- nature"?

Je me demande alors si tout est une question de volonté.

Comme beaucoup de jeunes, je critique ce système qui m'entoure, je me rends compte petit à petit qu'il me déplait. Je n'agis pourtant pas pour faire changer les choses, comme la plupart des gens je me sens bien trop impuissante.

Je pense que pour réagir, il faut découvrir les belles choses de notre Terre, au point de ne plus accepter le système qui la détruit.

Voyager, c'est mon premier objectif.

Et vous ? Resterez-vous sans rien faire ?

Publié dans #Texte libre

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Emilie 17/09/2010 17:39


Emilie, en hypokhâgne... et va réutiliser le contenu de ce blog et ce texte là en particulier pour ses cours et devoirs de philo en prépa... :) comme quoi, c'est important d'écrire les choses, ce
qu'on pense, ce qu'on ressent...ca peut toujours être utile!


Laurence Bouchet 22/09/2010 14:58



Bonjour Emilie,


C'est bien toi Emilie qui était en TES3 l'an dernier?


Je crois t'avoir reconnue.


Dis-nous comment ça se passe en hypokhâgne?


Amitiés



Sarah, TS3 14/03/2010 11:05


'Into the Wild' si tu ne l'as pas encore vu. Ou alors je t'incite à le re-re-re-re..voir..
On pense s'être tracé un chemin, sur lequel aucun pas en arrière n'est permis ni aucune sortie de route. Je trouve cela malheureux. L'Homme subit la société dans laquelle il se trouve ; nous
subissons cette société. Tels des moutons de panurge. La raison ? Paraître normal, ne pas être considéré comme fou. Celui qui décide, chaussures de marche aux pieds, sac à dos surdimensionné, de
partir 'nulle part', sans chemin, dans la nature se voit juger. Et ce jugement n'est souvent que péjoratif de la part de son entourage.
C'est pourquoi je pense que chacun devrait avoir pour but, un jour dans sa vie, de partir à l'aventure, d'accepter de se contenter du minimum.. Ainsi, sa manière de juger, de penser, d'agir, de
prendre du recul changerait.