Théâtre et philosophie

Publié le 23 Mars 2011

Le vendredi 11 mars 2011 des élèves de TL1, TL2 et TS1 ont pu regarder et participer au spectacle Filofolie's de la troupe Xanthippe et ses amis.

Des élèves de TL1 et TL2 nous ont révélé leur talent d'acteur!

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Ce spectacle mettait en scène de célèbres images philosophiques comme celle du mythe d'Aristophane sur l'origine de l'amour, celle de l'âne de Buridan (dont vous pouvez voir les vidéos sur ce blog) à propos de la liberté d'indifférence ou encore le garçon de café et la mauvaise foi selon Sartre.

 

Voici le programme alléchant de ce spectacle plein de vie et de vitalité!

 

  Apéritif de mauvaise foi

Quoi ! Nous serions tous des acteurs ? Pas seulement au théâtre mais dans la vie… C’est le principe développé par Sartre dans un célèbre passage de L’être et le néant consacré aux conduites de mauvaise foi (1ère partie, Ch. 2, §II).

 

Amuse-bouches Pascaliens

Comment souhaiter la bienvenue si ce n’est en rappelant le principe même du divertissement ? Pour Pascal (Pensées, §132 à 139 Lafuma), l’homme est nécessairement voué au malheur, car mortel ; cependant, pour oublier sa condition, il essaie par tous moyens de s’en détourner, de s’en divertir…

 

Crudités amoureuses aux épices Sartriennes et Aristophanesques

Une intrigue amoureuse semble se mettre en place, occasion rêvée de mettre en scène la honte de regarder par le trou de la serrure (Sartre, L’être et le néant, 3e partie, Ch. 1, §IV) puis de raconter le mythe de l’androgyne rapporté par Aristophane dans Le Banquet de Platon.

 

Terrine Cartésienne d’Illusion, de Rêve et de Doute, parsemée d’un brin de Folie

L’amour arrive donc avec son cortège de fantasmes, si bien qu’il conduit parfois à confondre le rêve et la réalité. A l’instar de Descartes dans ses Méditations Métaphysiques, nous voilà plongés au cœur d’une problématique du doute. Un amoureux transi peut avoir le sentiment d’avoir vu sa dulcinée alors qu’en réalité il n’a fait que la rêver comme un pauvre peut avoir le sentiment d’être un roi, comme une femme toute nue peut penser être vêtue d’or et de pourpre, ou comme on peut encore imaginer avoir un corps de verre ou être une cruche. Nous ne pouvons pas faire confiance à notre sentiment intérieur ; pour autant serions-nous tous fous ? Quand on ne sait pas, disent les sceptiques, quand nos opinions n’ont pas plus de poids les unes que les autres sur les plateaux d’une balance, il convient alors de suspendre son jugement.

 

Trou à Notre Façon

Entracte surprise destiné à rendre le spectateur encore plus attentif…

 

L’Âne de Buridan, et sa garniture d’avoine

Pauvre âne qui n’avait pas plus soif que faim et qui a tant hésité entre commencer par boire ou commencer par manger qu’il en est mort et de soif et de faim, devant un seau d’eau et un seau d’avoine…

 

Autrement dit, si le doute est utile en théorie, en pratique, devant l’urgence de la vie, il est vivement déconseillé.

 

L’Être et le Néant, Angoisse et Liberté, fromages Sartriens,

Ou le Pari, camembert Pascalien

Il faut donc sortir du doute, et pour cela, choisir. Mais l’idée d’avoir un choix à faire est source d’angoisse : quel est le bon choix ? Comment le savoir à l’avance ? Et comment faire pour ne pas avoir ni regrets ni remords ? La question du doute rebondit alors sur celle de la liberté : si nous sommes angoissés, explique Sartre (L’être et le néant, Ière partie, Ch. 1, §V « L’origine du néant »), c’est parce que nous sommes libres de nos choix.

Pascal s’engagera donc à son tour et lancera un pari sur la réalité (Pensées § 418 Lafuma). Quand on ne sait pas, et quand on joue infini contre fini, il faut choisir l’infini. La raison pour Pascal n’est pas la seule clé d’accès à la connaissance, il y a aussi le cœur, c’est-à-dire tout ce qui relève du sentiment, de la croyance, de l’affect, qu’il faut ici réhabiliter.

 

Entremet glacé, accompagné de son coulis Spinoziste, au doux parfum de déterminisme

Toutes les illusions semblent vaincues, mais la liberté, n’est-elle pas l’illusion ultime de notre condition ? Spinoza, à l’inverse de Sartre, pensait la liberté comme libre déterminisme, et a écrit, dans une lettre fort célèbre (« Lettre à Schuller »), que si les pierres pouvaient penser, elles se penseraient libres de rouler alors qu’elles ne le font que sous le coup d’une impulsion extérieure. Le théâtre se transforme alors en grand théâtre du monde pour un final romantique…

 

Mignardises Wittgensteiniennes

Si tout est bien qui finit bien, il faut se dire au revoir. Wittgenstein était un féroce critique de la métaphysique. Pour lui il n’était pas plus difficile ni moins facile de se demander ce que c’est que la vérité ou la liberté, que ce que c’est qu’une chaise ou une punaise. Le sens d’un mot ne peut venir que de son usage qu’il convient toujours de replacer dans un jeu de langage.

Nous en avons choisi un : celui du jonglage, pour montrer que, finalement, la philosophie ce n’est pas si compliqué !

Rédigé par Laulevant

Publié dans #Evènement au lycée

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