Michel Terestchenko

Publié le 19 Mars 2010

Terestchenko
Dans Un si fragile vernis d'humanité, banalité du bien, banalité du mal Michel Tereschenko s'interroge, entre autres choses, sur la capacité qu'ont les hommes à se soumettre ou bien au contraire à se rebeller face à des ordres absurdes. Ses analyses portent sur des situations critiques comme celle de la seconde guerre mondiale, ou encore comme l'expérience de Milgram. Pourquoi certains, sans être des sadiques et bien conscients  des normes morales, acceptent-ils de torturer, de tuer lorsqu'un pouvoir le leur demande tandis que d'autres se rebellent face à de telles absurdités?
"De façon presque constante, les témoignages de l'enquête Oliner font état de l'affection qui liaient les sauveteurs à leurs parents et la nature de l'éducation non répressive et non autoritaire qu'ils avaient reçue, permettant ainsi l'émergence d'une personnalité libre et autonome, capable de faire des choix qui ne sont dictés ni par les normes sociales en vigueur ni par le besoin d'obtenir l'approbation d'autrui, capable également d'agir avec endurance et courage sans voir dans l'éventualité de l'échec (voire de sa propre mort) un obstacle dirimant."

Cette phrase extraite du livre de Michel Tereschenko  nous a beaucoup donné à penser. Il semble que la "présence à soi"  caractéristique des personnalités altruistes soit en partie liée à une éducation non autoritaire (ce qui ne signifie pas laxiste).
Tereschenko souligne aussi qu'une éducation fondée
à l'inverse sur la sanction et la peur de la punition contribue à former des individus obéissants et vivant dans la crainte de déplaire au maître.
Le système scolaire en vigueur aujourd'hui en France aide-t-il ou au contraire empêche-t-il la formation de personnalités altruistes?

Dans quelle mesure la scolarité, la vie à l'école, au collège ou au lycée peut-elle  favoriser la formation de personnes altruistes, confiantes en elles et non habitées par la peur? Comment envisager dans ce cas le rapport à l'étude, le rapport au savoir, le rapport au maître, à l'évaluation? Comment concevoir le rapport des élèves entre eux pour que la solidarité, la coopération et la démocratie ne soient pas de vains mots mais correspondent en effet à des pratiques?
Voici les questions auxquelles en tant que professeurs et éducateurs il nous incombe de refléchir.
Lien vers le site de Michel Terestchenko
Lien vers des extraits d'Un si fragile vernis d'humanité dans Philomène : L'action altruiste
L'engagement




Publié dans #Evènement au lycée

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