Peut-on s'opposer au progrès technique?

Publié le 14 Avril 2011

Dissertation de Hugo Allemand, TSTG2

 

La technique est un ensemble de connaissances, de procédés mis en œuvre (de façon concrète) dans la création d’un objet. Les mots ‘’peut-on’’signifient ici, « a-t-on le droit » ou encore « a-t-on la possibilité » de faire obstacle au progrès de la technique? En effet la technique ne cesse d’évoluer, cela est dû à la faculté de se perfectionner des hommes, on peut alors parler de progrès technique. La technologie qui met en relation la technique et la science ne cesse d’évoluer. Elle ne se contente pas de satisfaire nos besoins, elle en créé constamment des nouveaux causant ainsi une forme de dépendance. Peut-on réellement échapper au progrès technique ? Au nom de quoi, de quel principe, de quelle valeur, pourrait-on vouloir y échapper? Avons-nous les moyens de faire front à une technologie qui ne cesse d’évoluer, d’avancer ?

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La technique fait partie de notre environnement, nous la côtoyons tous les jours sous diverses formes. La technique, qui ne cesse d’évoluer, nous assure un confort matériel dont nous ne pouvons plus nous passer. Aujourd’hui, refuser la technique, c’est en quelque sorte ne pas vouloir s’intégrer à la société et refuser la compagnie des autres hommes. En effet, il est plus facile pour un homme de s’intégrer à la société s'il fait comme presque tout le monde, c'est-à-dire s’il accepte que les nouvelles technologies régissent sa vie. Par exemple pour chercher un emploi il devra recourir à Internet où il trouvera des annonces et pourra inscrire son curriculum vitae. De même dans le milieu professionnel les salariés doivent obéir à leurs employeurs et utiliser ces technologies. Les commerciaux, les personnes qui travaillent dans les bureaux doivent utiliser des téléphones portables, des ordinateurs sophistiqués ou toute autre forme de technologie. Le progrès technique leur est donc imposé, ils n’ont pas le choix s’ils veulent conserver leur emploi.

S’adapter aux nouvelles technologies, demande un effort, nous devons comprendre le fonctionnement et surtout l’utilité de la dernière création issue de la technique au risque que cela engendre une dépendance de notre part. Si la technique devient une dépendance, il est difficile de s’en défaire, donc impossible de s’y opposer. Nous pouvons juste critiquer un objet issu de la technique, pour que l’objet soit modifié et perfectionné pour assouvir nos nouvelles attentes, ce qui entraine de nouveaux besoins, et donc encore de nouvelles dépendances. C’est un ‘’cercle vicieux’’ qui ne s’arrête jamais. Il est difficile d’en sortir, car nous attendons toujours mieux. Il faut que l’objet soit toujours plus pratique, utile... . L’exemple des téléphones portables illustre très bien ceci. Au début de leur apparition, ils servaient exclusivement aux appels. Aujourd’hui nous pouvons presque tout faire avec un téléphone : photographier, filmer, nous informer, enregistrer, écouter de la musique, etc. Les téléphones ont connu petit à petit des transformations, des nouveautés qui ont séduit les consommateurs. Le téléphone portable semble aujourd’hui un objet indispensable à notre quotidien. Il est rare de croiser une personne sans son téléphone sur lui ! Où se trouve votre téléphone portable au moment où vous lisez ces lignes?

La technique aide les hommes. Les hommes sont paresseux, c’est pour cette raison que, continuellement, nous inventons de nouvelles choses pour nous simplifier la vie. (Par exemple les aspirateurs, les ascenseurs, machines à laver...), il est tellement plus facile de confier une partie de ces tâches ingrates à une machine plutôt que de les exécuter soi-même ! Donc pourquoi s’y opposer ? Il semblerait absurde de chercher la difficulté alors que tout peut être tellement simple lorsqu'il suffit d'appuyer sur un bouton ! Il n'y a pas de raison de retourner en arrière quand nous bénéficions des progrès de la technique. Quelles sont les femmes qui souhaiteraient aujourd'hui retourner au lavoir pour laver le linge!

Nous avons vu qu'il est très difficile de s'opposer au progrès technique, voire impossible dès lors que nous souhaitons nous intégrer à la société dans laquelle nous vivons, de plus la technique nous procure un confort de vie toujours en progrès auquel il semble à la fois impossible et ridicule de vouloir s'opposer. Pourtant faut-il croire que le progrès technique est la condition d'accès au bonheur pour l'homme?

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Dans le cas des technologies médicales il est préférable de ne pas s’opposer au progrès, il en va de notre survie. En effet la technique dans ce domaine a énormément évolué et permet de sauver des centaines de milliers de vies avec par exemple la découverte de la pénicilline, de la vaccination, de maladies très dangereuses ainsi que leurs traitements (cancers). La technique dans le milieu médical/pharmaceutique a même pu éliminer certaines maladies dans quelques parties du monde (rage, lèpre...). Il serait donc immoral de s'opposer au progrès technique dans le domaine de la médecine. La technique permet de vivre dans ce cas, elle favorise la santé pour chacun et la santé constitue la condition indispensable, même si elle n'est pas suffisante, pour être heureux.

Quelque soit le domaine, médecine, communication, énergie, il est devenu difficile d’ignorer les technologies émergentes qui s'intègrent à un système économique dans lequel il s'agit d'augmenter toujours la consommation pour permettre la croissance. La publicité, les médias sont là pour nous parler, nous faire découvrir ces nouveautés issues de la technologie. A force de nous vanter les mérites des nouvelles technologies, cela nous fait ‘’ rêver’’ nous donne envie ; puis un jour nous achetons encore un nouvel objet dont rapidement nous ne pouvons plus nous passer (alors que nous vivions parfaitement bien avant cette acquisition !), c’est alors une nouvelle addiction. Dans le cas de la médecine nous avons vu que le progrès technique favorise la possibilité du bonheur mais la technique peut aussi entrainer l'addiction état qui ne peut rendre l'homme heureux à long terme. Il faudrait donc légitimement pouvoir s'opposer à cet état de dépendance dans lequel l'homme se plonge en vantant sans cesse le dernier produit issu de la technologie. Mais peut-être est-ce davantage la logique de consommation qu'il faut remettre en cause plus que la technique en elle-même.

L'avancée technologique symbolise la puissance d’un pays, d’un peuple. Pour les hommes c’est un moyen de se comparer aux autres pays de montrer «  qui est le meilleur » qui est le plus puissant. L’homme a besoin de se sentir puissant et intelligent, donc plus la technique est avancée dans son pays, plus ses sentiments sont satisfaits. Cependant les autres pays feront tout pour avoir une meilleure technique ce qui engendre une perpétuelle évolution des techniques contre lesquelles nous ne pouvons rien. On voit donc que la technique s'inscrit dans un cadre de production économique et dans une logique de compétition qui entraine d'une part des addictions et d'autre part une compétition pouvant conduire à la guerre et la mort. On ne peut que vouloir s'opposer à ces attitudes destructrices entrainée non par le progrès technique en lui-même mais par ce qui anime l'homme qui l'utilise : esprit de consommation et de compétition.

Nous venons de voir les raisons pour lesquelles on peut légitimement vouloir s'opposer au progrès technique lorsqu'il est animé par désir de consommation sans limite ou encore lorsqu'il est au service d'un désir de compétition et de domination. Mais si nous voulons nous opposer au progrès dans ses conséquences destructrices, le pouvons-nous?

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Le progrès technique fait pour améliorer nos conditions de vie, peut paradoxalement devenir très destructeur comme nous l'avons constaté avec les catastrophes nucléaires de Tchernobyl et tout récemment de Fukushima . Même si la technique nous assure un confort de vie, elle détruit la planète et l'homme qui y vit par la même occasion. Il est certain que la création d’objets nous demande beaucoup de ressources, et la création de ces technologies nécessite beaucoup d’énergie ce qui produit énormément de pollution. Mais les hommes préfèrent se cacher cette vérité qui dérange, et même si ils en sont conscients ils préfèrent ne pas s’y opposer.

La technique est dangereuse aussi dans le domaine militaire, en effet les armes sont continuellement améliorées, de plus en plus destructive (et donc dissuasives, ont peut se sentir protégé ce qui est appréciable mais nous ne sommes pas à l'abri d'un accident ou d'une utilisation monstrueuse de ces technologies comme cela s'est produit à Hiroshima et Nagasaki ). Même si la technique reflète les connaissances humaines, elles montrent aussi ‘’l’imbécillité humaine’’ a toujours vouloir aller à l’encontre de la nature et du monde, tel que le clonage, les OGM (même s'ils sont peut-être la solution future pour lutter contre la famine). Il est par conséquent difficile de s’y opposer car il faudrait que ces hommes, ces chercheurs, ces consommateurs se rendent compte de ce qu’ils font, il faudrait qu’ils se remettent en question et qu'ils changent leur façon de considérer leur vie. Cela est désagréable et nous l’évitons le plus possible donc une fois de plus il me parait inconcevable, dans ce cas, de s’opposer à la technique.

Il est vrai que, certains peuples sans quelques parties du monde vivent reculés de toutes formes de technologies (même sans confort moderne) et ne savent même pas que ça existe. Mais ils subsistent tout de même très bien, en parfaite harmonie avec la nature et ce qu’elle lui offre. Mais même si ces personnes vivent dans technologies ils utilisent aussi des techniques. Pour se nourrir ils utilisent des techniques de pêche ou de chasse, ils ont des techniques de construction pour s’abriter... Mais il ne connaissent pas un progrès sans limite comme nous le connaissons. Contrairement aux notre ces techniques ne sont pas dangereuses pour la santé, ont peut sans doute parler dans cette situation de savoir-faire plutôt que de technologie. Pourrions-nous nous satisfaire d'un tel mode de vie?

La liberté d’expression nous permet bien sûr de nous opposer par les mots aux effets néfastes du progrès technique, mais seule une poignée d’hommes osent passer à l'acte en vivant selon leur principe ou parfois en agissant illégalement (les faucheurs volontaires) mais ils se heurtent aux grands industriels et ils ont donc peut de chance de se faire entendre.


 

Nous utilisons donc tous les jours diverses technologies qui nous facilitent la vie et qui participent à notre confort. Malgré tous les effets néfastes que dégage la technique (pollution, maladies...), nous continuons à l’utiliser activement en évitant de penser aux conséquences, que nous nous dissimulons. L’homme n’a ni la volonté, ni les capacités de s’opposer à la technique. On peut donc dire que la technique est une part de l’humanité, une part de nous même, nous ne pouvons pas nous en défaire, et cela risque de courir à notre perte. S’opposer à la technique reviendrait presque à s’opposer aux autres et à nos connaissances, notre intelligence, notre nature. On peut alors se demander si paradoxalement la technique censée nous libérer des contraintes ne nous conduit pas à la disparition de notre liberté?

Rédigé par Allemand

Publié dans #Corrigé de dissertation

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mouhamed dabo 06/04/2014 22:43


bonjour,depuis j suis les informations de ce blog,jai remarque que j comprend mieux les sujets philosophiques merci


 

L'Ivre Penseur 25/03/2014 22:14


La presque totalité des dirigeants et des industriels ont la manie de nous présenter sans cesse l'équation "progrès technique = innovation = croissance = emploi". Pourtant, en
observant de plus près notre société, confrontée à un très fort taux de précarité et de chômage, "l'emploi" est en réalité le mot magique pour justifier ce qui ne peut l'être. Il est grand temps
de refuser ce chantage à l'emploi parce qu'il occulte des questions fondamentales : quels emplois ? Pour produire quoi ? Au profit de qui ? Avec quelles conséquences ? Que doit-on produire ?
Quels sont les réels besoins ? Et de qui ? Selon quels critères ? Quelle société voulons-nous construire ?


 


Comme le dit l'association Berlinoise Chômeurs Heureux, « Si le chômage existe, c'est précisément parce que le but du travail est de gagner de l'argent, non d'être utile
socialement. »