Manuel d'Epictète

Publié le 29 Janvier 2012

Fiche réalisée par Marjolaine, élève de terminale L

 

Epictète est né esclave à Hiérapolis, en Phrygie (Asie Mineure), en 50 après J.C et est mort entre 125 et 130. Il est vendu à Epaphrodite puis il est affranchi. Il s’intéresse à la philosophie et plus particulièrement au stoïcisme qu’il enseigne à Rome avant de devoir quitter la ville à la suite d’un édit de l’empereur Domitien contre les philosophes. Il émigre alors à Nicopolis où il fonde une école stoïcienne qui a du succès et attire de nombreux disciples. Il enseigne sous forme de discussions et de remises en questions. Arrien de Nicomédie, qui est l’un de ses disciples, recueillit son enseignement qu’il publia en huit livres dont Le Manuel.

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Sa pensée

La philosophie d’Epictète se veut applicable à la vie : comme un ensemble de règles permettant de mettre en pratique des valeurs morales. C’est un philosophe stoïcien : ne pas se laisser affecter par quelque chose pour ne pas en souffrir, faire des exercices de méditation pour pouvoir vivre en accord avec la nature et la raison et ainsi atteindre la sagesse et le bonheur. Il prône aussi la liberté absolue de l’homme qui, étant empereur ou esclave, reste maitre de ses représentations.

Selon lui, le bonheur et la sagesse ne dépendent pas des autres mais de soi-même, c’est pour cela qu’il ne faut pas se préoccuper de ce qu’ils pensent ou font.

Epictète pense qu’il y a une raison à tout même si parfois elle est difficile à cerner et à accepter, elle est réelle et apaise l'esprit de celui qui parvient à la comprendre. L’homme qui voudrait s’opposer à cet ordre se forge une opinion subjective et éloignée de la réalité des choses. C’est pour cela qu’il faut déterminer la réalité de toute chose.

 

Le Manuel

La philosophie d’Epictète se veut surtout pratique : ce manuel regroupe des mises en application de réactions, de comportements selon des grandes valeurs morales pour atteindre le bonheur et la sagesse. Dans ce manuel les idées sont présentées sous forme d’aphorismes c'est-à-dire des phrases courtes et simples mais en même temps qui sont significatives et que l’on retient plus facilement : « Ne ris pas beaucoup, ni de beaucoup de choses, ni sans retenue »(XXXIII, 4-). Ces phrases ou ces règles sont regroupées par thème et par idées avec souvent des exemples de situations qui représentent pour chacune une idée précise de sa pensée : dans la partie I par exemple, il parle de ce qui dépend de nous ou pas, avec en sous partie des exemples plus précis comme quand il cite ce qui dépend de nous ou pas (partie I, 1.)

Ex : Dans la partie XXXIII il parle du comportement à adopter en société :

  • Dans la sous partie 1-, il parle d’une attitude à adopter et appliquer avec les autres.

  • Dans la 2-, quand faut-il parler mais pas pour ne rien dire.

  • Dans la 4-, il parle de la façon de rire.

La base fondamentale de sa doctrine est de ne pas se préoccuper de ce qui ne dépend pas de nous comme la richesse, la célébrité, l’avis des autres, le pouvoir car ce sont des choses sur lesquelles nous n’avons aucun contrôle et donc vouloir les changer apporte le malheur. Il faut au contraire accepter son impuissance face à ce que l’on ne contrôle pas et se concentrer sur ce que l’on peut contrôler. Pour atteindre cette sagesse et le bonheur, l’homme ne doit se préoccuper que des choses sur lesquelles il peut avoir un contrôle et des objectifs qui sont atteignables pour ne pas être déçu en cas d’échec. Il ne faut pas non plus se soucier des autres ni se reposer sur eux car le bonheur ne vient pas d’eux mais de nous.

  • Ce qui dépend de moi : jugements, tendances, désirs, aversions. Ce qui nous appartient, sans empêchement, ni entrave, de nature libre.

 

  • Ce qui ne dépend pas de moi : mon corps, la richesse, célébrité, pouvoir, la maladie, la mort, les opinions des autres. Ce qui est servile, inconsistant, capable d’être empêché, ce qui est étranger à nous (ne nous appartient pas).

Il s’adresse également au lecteur en lui posant des questions auxquelles il suggère une réponse implicite qui va dans le sens de sa pensée et utilise des exemples de situations pour les illustrer et de la façon dont un individu devrait se comporter face à ça : « Si quelqu’un livrait ton corps au premier venu, tu en serais indigné. Et toi quand tu livres ton âme au premier rencontré pour qu’il la trouble et la bouleverse, s’il t’injurie, tu n’as pas honte pour cela ? » (XXVIII). Ici l’auteur nous fait comprendre qu’il faut préserver son âme des autres autant que son corps. Par la question qu’il pose, il nous fait sentir coupable et honteux pour ce qu’on fait de notre âme. En effet l’homme est indigné par ce que les autres feraient de son corps, alors pourquoi n’en serait-il pas de même avec l’âme ?

Selon lui il faut savoir reconnaître ce qui dépend de nous ou pas pour éviter d’être troublé ou affligé. En effet, si on prend en aversion quelque chose que l’on ne contrôle pas, on ne peut pas l’éviter, et donc lorsqu’on se retrouve face cette chose qu’on n’aime pas, on est troublé et malheureux. Au contraire, lorsque l’objet de notre aversion est quelque chose que nous maitrisons, on va tout faire pour l’éviter, cela étant possible puisque nous en avons le contrôle.

Il ne faut pas, d’après l’auteur, trop s’attacher à des choses ou à des gens pour ne pas être triste quand ceux-ci ne sont plus présents et prendre les choses pour la valeur ou l’utilité qu’elles ont plutôt que pour l’attachement qu’on y porte, il faut percevoir les choses comme elles sont et non pas comme on les imagine ou comme on voudrait qu’elles soient.

 

Lien avec les notions

Dans ce manuel on retrouve des liens avec autruidans le fait que celui-ci n’est pas responsable et n’apporte rien au bonheur de chacun et qu’il ne faut donc pas se soucier de plaire à tout le monde mais d’abord à soi-même. Le bonheur est un thème principal du manuel car ce dernier présente la définition du bonheur et comment on y parvient. L’interprétationest aussi une notion importante pour Epictète qui pose la question, comment interpréter les choses qui nous entourent de façon juste et agir en conséquences?

 

 

Mon avis, ce que la lecture de ce livre m’a apporté

 

Lire Le Manuel d’Epictète m’a permis de voir des aspects de la vie et de comportements en présence des autres et sur moi-même que l’on ne voit pas forcément tout seul ou sur lesquels on ne réfléchit pas. On peut ainsi remettre en question nos habitudes et notre façon d’agir et il est intéressant de voir comment les autres voient les choses, ici quelle est la vision d’Epictète et comment il interprète le monde qui l’entoure et quelle est sa définition de la sagesse et du bonheur, par quels moyens peut on y parvenir. On peut dire que le manuel est intemporel car même si il a été écrit au IIème siècle après J.C, on remarque que le problème du bonheur pour l’homme reste le même aujourd’hui à quelques détails près.

En général, je trouve que la pensée d’Epictète est assez juste et logique même si il y a des points que je ne pourrais pas suivre comme manger juste à sa faim parce que le corps en a besoin pour survivre et non quand on en a envie de manger même si on a pas spécialement faim. Aussi le fait de considérer les gens qui nous entourent comme rien d’autre que des êtres humains parmi d'autres pour ne pas souffrir quand ceux-ci disparaissent difficile sachant que ce sont des personnes qu’on connait et qu’on apprécie.

Rédigé par Laulevant

Publié dans #Notes de lecture

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Adélaide 04/11/2016 17:57

Bonjour madame,
excusez moi tout d'abord de vous déranger..
Je suis en terminal L et je travaille en ce moment sur le manuel d'Epictète qui est une œuvre, à mon gout, très agréable à lire..
Je dois rendre lundi un travail à propos du Manuel et je reste bloquée depuis des heures dessus. Nous devons distinguer au minimum 4parties à l'œuvre en rassemblant les chapitres.
Ma première partie parlant de ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas je n'arrive pas à trouver mes autres parties..
Pouvez vous me venir en aide s'il vous plait?