Le philosophe Oscar Brénifier au lycée

Publié le 14 Octobre 2010

Le 18 octobre le philosophe Oscar Brénifer viendra au lycée amimer des débats philosophiques avec des classes de terminale. En fin d'après midi, il sera à la librairie Rousseau de Pontarlier.

Oscar Brénifier renoue avec la tradition socratique du dialogue. Avec lui la philosophie est une pratique, un exercice de la pensée qui ne peut s'effectuer qu'en s'ouvrant sur l'altérité. Pour que je pense, il me faut mettre mes idées à l'épreuve de l'écoute de l'autre, il me faut les examiner avec le recul que pourront m'apporter sa compréhension, ses interrogations et ses objections.

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Voici ce qu'écrit Oscar Brénifier à propos de la pratique du débat philosophique.

 

"Une pratique peut être définie comme une activité qui confronte une théorie donnée à une matérialité, c’est-à-dire à une altérité. La matière étant ce qui offre une résistance à nos volontés et à nos actions. Premièrement, la matérialité la plus évidente du philosopher est la totalité du monde, incluant l’existence humaine, à travers les multiples représentations que nous en avons. Un monde que nous connaissons sous la forme du mythe (mythos), narration des événements quotidiens, ou sous la forme d’informations culturelles, scientifiques et techniques éparses, de nature factuelle ou explicative (logos). Deuxièmement, la matérialité est pour chacun d’entre nous “l’autre”, notre semblable, avec qui nous pouvons entrer en dialogue et en confrontation. Troisièmement, la matérialité est la cohérence, l’unité présupposée de notre discours, dont les failles et l’incomplétude nous obligent à nous confronter à des ordres plus élevés et plus complets d’architecture mentale.
Avec ces principes en tête, inspirés par Platon, il devient possible de concevoir une pratique qui consiste en des exercices mettant à l’œuvre la pensée individuelle, dans des situations de groupe ou singulières, à l’intérieur ou à l’extérieur de l’école. Le fonctionnement de base, à travers le dialogue, consiste d’abord à identifier les présupposés à partir desquels fonctionne notre propre pensée, ensuite à en effectuer une analyse critique, puis à formuler des concepts afin d’exprimer l’idée globale ainsi enrichie. Dans ce processus, chacun cherche à devenir conscient de sa propre appréhension du monde et de lui-même, à délibérer sur les possibilités d’autres schémas de pensée, et à s’engager sur un chemin anagogique où il dépassera sa propre opinion, transgression qui est au cœur du philosopher. Dans cette pratique, la connaissance des auteurs classiques est très utile, mais ne constitue pas un pré-requis absolu. Quels que soient les outils utilisés, le défi principal reste l’activité constitutive de l’esprit singulier."

Lire la suite sur le site d'Oscar Brénifier dans lequel il expose sa démarche.

Publié dans #Evènement au lycée

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Emilie 14/12/2010 19:48


C'est vraiment bizarre, peut être qu'il n'était pas pareil avec les deux classes, parce que nous, au contraire, il nous a beaucoup fait parler. Mais c'est vrai qu'il voulait que tout le monde
participe, et du coup chaque personne ne pouvait pas forcément dire TOUT ce qu'elle avait à dire, puisque chacun avait droit à la parole...


Chloé 11/12/2010 17:03


Pour ma part, je n'ai pas vraiment aimé cette intervention. J'ai trouvé celle-ci plutôt contraignante. Pourtant comme tu le dis Camille, je ne pense pas être du genre "grande gueule", mais j'ai
vraiment été frustrée de ne pas pouvoir m'exprimer. Je pense que le but d'Oscar Brénifier était de nous faire prendre conscience de nos défauts, de nous faire aller jusqu'au bout de nos arguments
mais je pense justement qu'il n'est pas allé jusqu'au bout, il aurait pu nous donner des conseils pour éclaircir nos pensées, pour qu'on arrive à les exprimer plus clairement. Et surtout, ce qui
m'a déçu c'est le fait que lorsque Lola s'est mise à pleurer, c'est une fille très timide, elle s'est surement sentis agressée ( ce que je comprend totalement), il n'a pas chercher à la comprendre
et à l'aider, alors que je pense qu'il aurait vraiment pu le faire, qu'il avait les outils pour ca, il aurait pu aller jusqu'au bout et certainement la faire avancer, l'aide à vaincre cette
timidité qui semble la paralyser.
Je trouve ca dommage. Et même avec du recul ma vision de cette intervention n'a pas changé, elle reste négative.


Camille TL2 23/11/2010 21:26


Pour ma part, je suis loin d'être anti philo, c'est une de mes matières préférées et j'ai même l'impression que ma vision des choses a concidérablement évolué depuis que j'en fait. Les préjugés
meurent pour laisser place à une véritable réfléxion personelle, et à des connaissances et des expériences super interessantes.. Mais qu'avons nous appris concrètement pendant cette heure?
Oui on a avalé le "tout ce que je sais c'est que je ne sais rien", mais à part ça? Comme quelques confrères de S, j'ai aussi trouvé l'experience une pointe violente.. Certes l'intervenant est
brillant, il écrit des bouquins interessants, mais le fait qu'il ne nous laisse pas parler, pas donner notre avis, c'est quand même assez paradoxal quand on sait que la philo est une des seules
matières où "tout peut être dit", et la façon dont il nous parlait était pas des plus agréables non plus..
Pourtant, j'étais parti d'une bonne intention en voulant participer au maximum, je levais la main, on m'interrogeait, c'était cool, tout le monde donne sa petite version, bref.. Et il a suffit
qu'un ptit mot sorte de ma bouche sans que j'ai levé la main (c'était trop tentant j'avais un truc super super important à dire!! ^^) pour que monsieur l'intervenant me dise " Toi je te connait
pas, mais je te connait déja t'inquiète pas" avec son doigt pointé sur le nez. Daccord.. charmant.. ça sent le reproche à plein nez justement.. tout le monde avait déja parlé je n'ai piqué la place
de personne..
Donc oui assez destabilisant pour les "grandes gueules", au moins j'ai respécté, j'ai fermé la mienne pour le reste de l'heure.. J'en reste ultra traumatisée (en exagérant un ptit peu quand même)
mais après le but était peut être là. Mais la conclusion du truc est que la plupart du monde est sorti de la salle un peu dépité malgré les remarques positives à la fin du débat...


Moranne 17/11/2010 13:56


Un débat fascinant mais je n'ai pas bien compris le but de celui-ci.


Laurence Bouchet 14/11/2010 15:12


Vos commentaires sont vraiment très intéressants et très stimulants, ils posent des questions qui me paraissent très importantes.

A propos de l'égalité des intelligences, je vous lirai demain l'extrait d'un livre qui m'a beaucoup marquée : le maître ignorant de Jacques Rancière. Vous pouvez d'ores et déjà en lire un extrait
sur le site Philomène. J'ai mis sur ce blog un lien ( en haut à droite) avec ce site dans lequel j'ai déposé des textes de philosophes ou écrivains qui me paraissent importants et que j'aime
bien.

Pour ce qui est de la façon qu'a Oscar Brénifier d'aborder la philosophie, il y a également beaucoup à dire. Si vous en avez l'occasion, allez consulter son site. La première fois que j'ai assisté
à son travail, c'était en novembre 2008, à l'UNESCO lors des journées sur les nouvelles pratiques de la philosophie. Je dois reconnaître que sa façon de questionner m'avait alors choquée et agacée
et puis en y réfléchissant, j'ai trouvé cette démarche très intéressante, car je suis d'accord avec Emilie, c'était une façon de mettre les intelligences à égalité. Plus possible de faire de
l'esbroufe avec ce type de questionnement. En décembre 2008, je suis donc allée faire une "consultation philosophique" avec Oscar Brénifier, j'ai vécu cela comme un massage de neurones très
bénéfique! Depuis je travaille et réfléchis avec lui tout en construisant mon propre cheminement. Oscar Brénifier est très exigeant sur la rigueur du raisonnement, il ne s'agit donc pas seulement
de forme mais de clarté dans la pensée. Cette exigence permet d'éviter les rapports de pouvoir qui s'instaurent dès que nous sommes dans des situations de prise de parole.

Nous reprendrons ces questions lorsque nous aborderons le cours sur le langage, vous pouvez déjà en discuter avec la classe de TL2 en pleine réflexion sur ce thème.