Le Papalagui et les indiens Kogis

Publié le 8 Septembre 2010

 

Lorsqu'on voyage que découvre-t-on au juste ? On croit partir, oublier son quotidien, le fuir parfois, se divertir dans l'inconnu toujours surprenant mais au bout du compte, cette figure que l'on croise au détour du chemin n'est-elle pas la nôtre ? A l'autre bout du monde nous voici confrontés à nous-même, à celui que nous avons quitté pour mieux le retrouver.

  Tenter de découvrir l'autre en voyageant c'est  accepter l'effort de nous questionner sur nous-mêmes. Le voyage nous décentre, et s'il bouscule notre ethnocentrisme, il peut être l'occasion d'une prise de conscience, d'un regard critique sur nos habitudes, nos croyances, nos vérités.

Si vous ne connaissez pas encore Le Papalagui d'Erich Scheurmann je vous conseille de vous procurer ce petit livre dont la lecture rapide n'en n'est pas moins marquante par la moquerie salutaire et toujours très actuelle qu'elle adresse à notre « civilisation » occidentale. Erich Scheurmann (Hambourg 1878- Arsmfel 1959) a repris dans ce livre, le procédé de Diderot dans son Supplément au voyage de Bougainville : c'est à travers les yeux d'un homme dit « primitif » qu'il observe et analyse les moeurs de son pays d'origine. De même que Diderot imagine le personnage d'Orou jeune tahitien , étonné des bizarreries, des contradictions et du manque de savoir vivre des européens, de même Scheurmann imagine dans le Papalagui (ce terme signifie l'homme blanc) le personnage de Touiavii originaire de Samoa, autre île de Polynésie. Touiavii aurait passé quelques temps en Europe, de retour à Samoa il aurait fait part de ses observations à son ami Scheurmann qui les aurait retranscrites dans sa langue. Le personnage de Touiavii a-t-il véritablement existé ? Cela est douteux mais il est certain que Scheurmann s'est rendu à Samoa en 1914 et qu'il a rencontré les habitants de cette île, s'est imprégné de leur culture. Ce voyage n'aura pas manqué de le faire réfléchir sur lui-même. C'est ainsi que Scheurmann choisit dans Le Papalagui de poser sur notre culture occidentale un regard d'ethnologue inversé : l'objet d'étude n'est plus l'autre exotique mais nous-mêmesqui devenons à travers les paroles de l'homme de Samoa, l'étrange étranger.

indiens_kogis__10_t.800.jpgIndiens Kogis dans la Sierra Nevada de Santa Marta (Colombie)

 

Au printemps 2010 Eric Julien est venu au lycée nous parler des indiens Kogis. Il nous a expliqué leur philosophie, leur vie sprirituelle, leur représentation du monde et il nous a aussi rendus sensibles à leur combat puisque leurs terres de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie sont menacées. Il nous a présenté l'association Tchendukua à laquelle il participe. Nous avons pu aussi visionner un film Le message des derniers hommes dont voici quelques extraits. Certains représentants du peuple Kogi (une des cultures les plus anciennes de l'humanité) sont venus en France en 2007. En regardant l'extrait du film ci-joint, imaginez le regard avec lequel, ils ont pu observer les français. Cela vous fait-il sourire?

 

 

Publié dans #Notes de lecture

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Terrevive 08/03/2011 19:45



Au sujet des Kogis voici d'autres liens :


"TISSERAND DU SOLEIL", UN CONTE KOGI PUBLIE PAR KATHY DAUTHUILLE - le blog vivrevouivre par : Robert Régor


« Tisserand du soleil », hommage aux Kogis | NEOPLANETE


 


Bien à vous



dauthuille 14/01/2011 20:28


Bonsoir, suite à votre page j'ai le plaisir de vous dire que j'ai écrit un conte initiatique en hommage aux Kogis :
http://www.neo-planete.com/2011/01/14/%C2%AB-tisserand-du-soleil-%C2%BB-hommage-a-la-tribu-des-kogis/