Le mythe de Sisyphe ou l'absurdité de la vie

Publié le 1 Mars 2012

Note de lecture rélisée par Mathilde élève de terminale L

 

Le Mythe de Sisyphe est le premier essai philosophique d’Albert Camus (1913-1960). L’œuvre de ce célèbre auteur, d’origine Algérienne, comporte des livres de différents genres : pièces de théâtre, romans, nouvelles, essais etc. Camus s’est battu pour de nombreuses causes ; il a été journaliste engagé dans la résistance française et a également contesté les inégalités dont les musulmans d’Afrique du Nord étaient victimes. Il a aidé les exilés espagnols antifascistes et les victimes du totalitarisme stalinien. Il reçoit en 1957 le Prix Nobel de littérature.

 

L’essai est composé de quatre grandes parties :

_ Un raisonnement absurde

_ L’homme absurde

_ La création absurde

_ Le Mythe de Sisyphe

 

Comme on peut le voir, déjà par le titre des parties, Camus est un écrivain qui s’est penché sur la question de l’absurdité. Il essaie de montrer que tout est absurde, c'est-à-dire que rien n’a de sens, jusqu’à notre propre existence. L’absurde est un problème qu’on ne peut pas résoudre et qu'il faut pourtant assumer.

Pour montrer l'absurde, Camus prend pour exemple le personnage de Sisyphe. En effet, puni par les Dieux, celui-ci est condamné à faire rouler un rocher jusqu’au sommet d’une montagne. Une fois au sommet, la pierre, par son propre poids, redescend jusqu’en bas, et Sisyphe doit recommencer. Si cet exemple représente le mieux la notion de l’absurdité, selon Camus, c’est que le personnage a conscience que son but est vain. Il fait rouler la pierre jusqu’au sommet en sachant pertinemment qu’elle redescendra dès qu’il sera au dessus.

Les notions abordées dans ce livre sont la conscience, l’art, la liberté, la vérité et le bonheur. L’art est abordé comme une image qui permet d’expliquer le monde qui nous environne, ainsi que les théories de la science. La liberté, la vérité, et le bonheur, quant à elles, sont abordées à travers la révolte face à l’absurde que l’auteur propose dans cet essai philosophique.

Dans un premier temps, l’auteur cherche à trouver un rapport entre l’absurde et le suicide. Si la vie n'a pas de sens cela veut-il dire qu’elle ne vaille pas la peine d’être vécue? Il répond que le suicide n’est pas la solution et que l’homme n’a que la révolte, c'est-à-dire accepter de vivre malgré l’absurdité dont il a pris conscience. Camus considère la révolte comme une manière de vivre l’absurde. Il s’agit de maintenir cette absurdité, et ne pas essayer de la résoudre, malgré la connaissance du destin fatal de l’homme, qui est de mourir, être un condamné à mort qui refuse le suicide. Ainsi, la révolte peut permettre de se libérer de certaines contraintes, notamment l’anticipation, la crainte de ce qui va se passer pour ainsi avoir un meilleur rapport au temps et ne plus être prisonnier de notre peur, donc par conséquent être plus libre. La révolte consiste également à accepter l’idée de ne pas avoir de but, et accepter que rien ne doit être achevé.

L’auteur cherche ensuite à démontrer que le monde est aussi absurde que l’homme, notamment en soulignant le rapport entre la science et l’art. « Mais vous me parlez d’un invisible système planétaire où des électrons gravitent autour d’un noyau. Vous m’expliquez ce monde avec une image. Je reconnais alors que vous en êtes venus à la poésie : je ne connaîtrai jamais. » Puis il explique que le sentiment de l’absurdité, ce sentiment que rien n’a de sens vient des questions auxquelles l’homme n’aura jamais de réponses. Camus montre que la recherche de la vérité est vaine, car il n’y a pas une vérité, mais des vérités. « Chaque chose a sa vérité ».

L’auteur souligne un paradoxe important: plus la vie est absurde, plus elle doit être vécue. Si le sens de la vie était clair, quel serait l’intérêt de celle-ci? C’est en se révoltant que l’homme défie l’absurde.

A la fin de l’essai, l’auteur nous propose les différentes versions racontées du mythe de Sisyphe. Malgré les raisons pour lesquelles les dieux lui ont infligé une telle punition qui divergent, l’idée reste la même. Camus précise que dans ce mythe, il s’intéresse surtout au moment où le rocher est redescendu, cette « pause » lorsque Sisyphe redescend la montagne pour aller chercher la pierre. L’auteur se demande à quoi pense-t-il à ce moment là.

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Ce livre pousse à prendre du recul sur les choses, il met le lecteur face au problème sans vraiment laisser de moyen de l’esquiver. Il montre comment on peut être heureux, bien que la vie semble n'avoir aucun sens. Je ne suis cependant pas d’accord avec la dernière phrase du livre « Il faut imaginer Sisyphe heureux. » Si le personnage est heureux, c’est qu’il s’est d’une certaine manière libéré de la punition des Dieux. Or, est-il vraiment possible qu’il le soit?

 Après quelques temps de réflexion et de recherches sur la révolte face à l’absurde selon Camus, j’ai compris que, finalement, ce problème n’est justement pas fait pour être résolu. N’ayant pas de buts, de fins, Sisyphe vit au présent, débarrassé ainsi de la crainte du temps et futur et de la nostalgie du passé. C’est alors comme ça que l’on peut l’imaginer heureux.

Rédigé par Laulevant

Publié dans #Notes de lecture

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ROcéane 08/02/2017 19:23

Que pouvons nous dire de ce mythe, sur son sens aujourd'hui ?

ROcéane 08/02/2017 18:58

Bonsoir, j'aurais une question à vous posez..
Quel est le sens de ce mythe ?

Merci par avance, de votre réponse.

Marie 23/07/2016 17:58

Merci. Tres interessant

Alexis 15/03/2015 11:12

Très bon résumé. Cela donne envie de lire ou de relire le livre. A rapprocher du commentaire de Clément Rosset sur la philosophie de Schopenhauer dans Schopenhauer, philosophe de l'absurde (pages 51-53)

Alexis 15/03/2015 11:11

Très bon résumé. Cela donne envie de lire ou de relire le livre. A rapprocher du commentaire de Clément Rosset sur la philosophie de Schopenhauer dans Schopenhauer, philosophe de l'absurde (pages 51-53)