La solitude

Publié le 25 Janvier 2010

Texte d'Esteban, TL1

Il est certains états dont nous ne connaissons presque rien. La solitude, par exemple, bien que souvent évoquée et imaginée (ainsi dans l'oeuvre Vendredi ou les Limbes du Pacifique ), peu de témoignages subsistent de personnes l’ayant vécue totalement. Or, nous tenterons tout de même d’analyser les effets de la solitude (forcée ou non) sur l’être humain, en nous appuyant notamment sur l’œuvre citée précédemment de Michel Tournier.

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            Abordons le problème depuis son aspect involontaire, pour une personne ayant été habituée à la vie en société, et subitement confrontée à la solitude la plus totale. La perte des repères se fait de façon lente et inexorable, car au cœur de la société, nous sommes habitués à la solitude, mais à une échelle bien moindre que dans le cas dont il est question ici. Cette déstabilisation est causée par l’absence d’autrui ou de ses actions, par l’absence de tout ce qui signifie sa présence. Prenons pour exemple le cas le plus répandu dans ce genre de situation, celui du lieu de l’île déserte. C’est l’exemple-même d’un endroit isolé de toute société. En effet, peu de gens, de surcroît de nos jours, peuvent se vanter de connaître un endroit vierge, dans lequel personne ne vit, à part des animaux.

Dans Vendredi ou les Limbes du Pacifique, Robinson va décrire minutieusement les effets de la solitude sur son propre psychisme, et va très vite se rendre compte que quelqu’un lui manque et lui est presque vital (autrui). La santé mentale du personnage va être atteinte par ce manque : autrui, même s’il n’existe pas, est au centre de son univers. La pensée ne fonctionne qu’en relation avec cet autrui.

            Au-delà de la solitude et de l’isolement moral qu’elle provoque, c’est l’existence de Robinson qui est remise en cause : vers qui peuvent aller ses pensées, ses paroles ? Aucun destinataire n’étant disponible, elles n’existent tout simplement pas. L’absence d’autrui devient difficilement soutenable, mais surtout déshumanisante (le passage de la souille est éclairant à ce sujet).

            A partir de ces faits, nous pouvons dire que ce que nous sommes, nous le sommes grâce aux autres ; nous sommes façonnés par autrui. Si nous poussons cette réflexion plus loin, nous pouvons même dire que nous sommes à partir du reflet que nous renvoie autrui. Nous pouvons en déduire que le soi, le « je », ne se suffit plus à lui-même, et qu’il a besoin d’autrui pour exister.

            En guise de conclusion, nous pouvons dire que le sujet ne peut concrètement survire dans la solitude, Autrui nous est nécessaire.

Rédigé par Esteban

Publié dans #Texte libre

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