L'engagement politique

Publié le 19 Mars 2011

 

Mathilde Marmier est une ancienne élève du lycée. Elle a fait des études de médecine tout en se sentant très impliquée par les questions d'engagement politique. Elle a lu certains des articles de ce blog et y a réagi.

Elle décrit son parcours dans les lignes ci-dessous.

Cela donnera peut-être quelques idées aux lycéens d'aujourd'hui soucieux de s'engager et d'agir contre les injustices et pour le bien commun.

Il y a plusieurs façons de s'engager pour faire bouger les choses, militer dans un parti, dans un syndicat, s'investir dans une association, agir de façon ponctuelle, agir au quotidien dans son travail, dans sa ville, son village, etc.

 

On peut lire aussi dans le magazine eurocitoyen le Taurillon, un article de Mathilde Marmier sur la question des femmes et de la politique. A méditer...

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« Je suis assez interpellée par le dégout des gens vis à vis de la politique. Il se manifeste de plus en plus et ce dans tous les milieux. J'ai lu les réactions très pertinentes des élèves sur le blog.


En ce qui me concerne, je suis entrée au Parti socialiste à 19 ans, après mon entrée en deuxième année de médecine (la première ne permet pas le moindre engagement ?!). Je m'intéressais à la chose depuis l'âge de 12 ans je pense...Il faut dire que j'ai une famille très politisée. Mon grand-père est ancien militant PS actif et élu, mon père également. J'ai donc été bercée par un discours selon lequel tout se jouait au niveau politique : ça aide !

Cela dit, pour moi, la politique s'approche de différentes façons et il me semble salutaire de ne pas la considérer uniquement sous l'angle du parti politique.
Toujours pour en revenir à mon cas personnel -je ne veux pas faire de nombrilisme, mais c'est pour exprimer mon ressenti- j'ai choisi, à l'issue du concours de l'internat de médecine en fin de 6ème année, la spécialité "santé publique" à Paris. Depuis 3 ans, ma formation, plutôt que d'exercer la clinique en hôpital, consiste à baigner dans les instances politiques et à faire le tour des différents acteurs du système : Ministère, laboratoire de recherche en économie de la santé en Université, lobbyistes, industrie pharmaceutique et prochainement, mise en place d'un réseau de santé en Seine Saint Denis; Mon choix a été mû par la même motivation, à savoir que la santé des gens se jouait en majeure partie au niveau politique au sens large. Je me sentais plus utile ici qu'en clinique. En tout cas, ma perception était décalée d'une approche individuelle, je souhaite aujourd'hui travailler dans les politiques de santé, à une échelle collective.

Enfin, je suis engagée activement dans une association qui milite pour faire avancer et diffuser l'idée européenne. C'est une association transpartisane. Mais, convaincue par ce projet, l'approche de mon parti me semblait beaucoup trop restreinte et frileuse sur ces questions. l'approche associative me semblait donc complémentaire et correspondait à ma vision de la nécessité de faire de la pédagogie sur des sujets qui semblent bien éloignés des citoyens.

Aujourd'hui, je crois profondément en mes idées... pour autant et malgré toutes ces motivations, je reste assez affligée par le milieu des politiques.

Dans les partis, bien souvent, on rencontre de nombreuses personnes intéressantes. On rencontre aussi des personnes aux egos surdimensionnés, des personnes échouant dans leur vie professionnelle et venant trouver la reconnaissance en politique, et, pour sûr, un grand conservatisme pour ce qui est des méthodes employées (cumul des mandats, privilège de l'élu, rapport jeunes/vieux, rouages de l'appareil laissant croire que les militants ont une influence, manœuvres politicardes etc.). Une fois, un vieux militant m'a dit de garder en tête l'idée suivante : "au PS, il y a 3 catégories de personnes : les élus, les collaborateurs d'élus, et ceux qui veulent être élus". ça m'a fait sourire car, de fait, je me retrouvais dans la catégorie des gens "qui voulaient être élus" alors que je ne pouvais pas réellement affirmer cela. Mais le fait que de (trop !) nombreuses personnes vivent de cela au sein des partis, à mon sens, gangrène le tout.

Je conçois aussi que l'entrée dans un parti ne soit pas toujours très simple ni encourageante. L'accueil n'y est pas toujours chaleureux et très vite on peut être perçu comme une menace.

La conclusion majeure que j'en tire est qu'il ne faut pas en dépendre ! Tout cela m'encourage à m'impliquer totalement dans mon métier : je souhaite travailler, si possible au ministère de la santé et continuer à enseigner, comme je le fais. puisque c'est pour moi une façon de faire passer l'intérêt de la politique à des personnes pas nécessairrement intéressées au départ (j'enseigne la santé publique et l'économie de la santé à des paramédicaux et à des cadres de santé).
Selon moi, la professionnalisation de la politique, au delà de l'incertitude qu'elle génère au plan personnel, est un véritable problème. Elle laisse le champ à des militants professionnels (avant tout professionnels des stratégies politicardes) dont les points de vue sont nécessairement biaisés du fait d'un trop grand éloignement du monde professionnel de tout un chacun. Si je m'engage davantage, je pense que ce sera plus tard, après avoir fait mes preuves au plan professionnel.


Au final, je ne sais pas si mon point de vue est rassurant... je suis pourtant de nature assez optimiste (sisi !)! et je ne compte surtout pas quitter mon parti. Vous vous doutez bien que si je n'y voyais que des inconvénients, j'en serais sortie plus tôt....Il y réellement besoin de sang neuf dans les partis politiques. Plus un nombre important de personnes apporteront un discours nouveau, plus les choses seront amenées à changer....
Mais, à mon sens, toute forme d'engagement est bonne à prendre ! Et à ce niveau, l'éducation joue un grand rôle..."

Rédigé par Mathilde Marmier

Publié dans #Texte libre

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