Jusqu'à quel point un musicien peut-il interpréter?

Publié le 14 Novembre 2010

Texte libre de Charlotte Bertin élève de TS1

 

Un compositeur crée une musique, on pourrait penser qu’il n’y a qu’une façon de la jouer, qu’on peut juste suivre fidèlement la partition avec ses notes et ses rythmes propres. marche-turque.jpgNéanmoins il arrive que des musiciens interprètes se permettent d'en changer quelques élèments (accompagnement, rythmes, tonalité) ou encore d'en rajouter.

Cette attitude est-elle un non respect vis-à-vis du compositeur ? Quelles sont les limites d'une interprétation? Jusqu'à quel point un morceau peut-il être transformé?

 

« Rondi alla turqua » plus connue sous le nom de « Marche Turque » est une partie de la Sonate pour piano n°11 de Wolgang Amadeus Mozart. Il l’écrit dans les années 1780 et fait référence aux « turqueries » autrement dit aux clichés orientalistes (le harem…). Aujourd’hui on peut penser que ce morceau ne fait que reprendre des bouts de musique de marche qui sonnaient très « exotiques » dans la musique savante européenne et qui connaissaient une grande popularité.

 

Ce premier extrait est la version originale de la « Marche Turque » jouée par Massimiliano Ferrati qui reprend fidèlement le morceau comme il a été écrit :

 

 

 

L’extrait 2, est joué par Pierre Yves Plat, musicien connu pour ses reprises de musiques  connues tout en les transformant à sa façon. Au début on ne se doute pas qu’il joue la « Marche Turque » c’est seulement après quelques secondes que l’on peut reconnaître un rythme, et la mélodie de ce morceau. Son interprétation a pour base la composition de Mozart mais il l’interprète et la transforme d’une manière inattendue.

 

 

L’extrait 3, est interprété par le brillant pianiste Fazil Say, il transforme le rythme du morceau de Mozart, il l’accélère tellement que la durée du morceau est presque divisée par deux.


La « Marche Turque » n’est pas réservée au piano. La musique numéro 4 est un extrait de l’album du groupe : Quai n°5. Cette fois les musiciens utilisent le mode tzigane pour plusieurs passages et modifient la gamme. La musique change mais on retrouve facilement la composition de Mozart.

 

 

La « Rondi alla turqua » est un morceau repris partout dans le monde que ce soit de manière classique ou en prenant beaucoup de liberté  ; mais peu importe l’interprétation on garde une certaine base de la partition telle qu’elle a été écrite au départ : une mélodie qui perdure dans toutes les manières de jouer.

La musique est libre, un morceau ne se résume pas à des notes figées sur un bout de papier ! C’est une mélodie, une base qui peut faire naître d’autres créations. S’inspirer de ces morceaux et les transformer ne veut pas dire que l’on va trahir un artiste mais c’est peut-être au contraire une façon de le faire connaître en séduisant un nouveau public, c'est aussi une façon de faire entendre autrement, avec une nouvelle oreille des morceaux très connus comme cette Marche turque de Mozart.

Les différents procédés qui peuvent être utilisés peuvent aussi être originaux sans pour autant changer la partition mais en l’interprétant de façon étonnante.

  Ainsi l’extrait n°5, extrait de l’album des Classic on toys de Comenico Curcio, qui ne je jouent qu’avec des jouets pour enfants.

 

 

La vidéo avec 2 personnes qui utilisent juste une guitare et interprètent fidèlement le morceau.

 

 

 

Que de façons inventives d'interpréter, de prendre plaisir en jouant de la musique. Ici le mot jouer peut s'entendre dans les deux sens : interpréter un morceau mais aussi prendre du plaisir à exercer une activité désintéressée en la partageant avec d'autres!

Rédigé par Charlotte Bertin

Publié dans #Texte libre

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Emilie BP 21/11/2010 21:07


Voici (entres autres) quelques liens pour le morceau dont je parlais :
- Piano : http://www.youtube.com/watch?v=MXRRTiG1G-g&feature=related (dès la 5ème minute, une merveille)
- Apocalyptica : http://www.youtube.com/watch?v=mSylD3tVHeo
- Et enfin l'originale : http://www.youtube.com/watch?v=WEQnzs8wl6E

Et si les instruments, les rythmes, les solos sont parfois différents, rien n'y fait le morceau reste, essentiellement, le même, il ne perd pas sa nature profonde, ni l'émotion qui s'en dégage.


Emilie BP 21/11/2010 20:46


Très intéressant comme sujet ! Je n'avais jamais entendu la 2ème version de la marche turque, complètement différente, mais à laquelle j'adhère totalement ! Et que je préfère presque à l'originale,
mais question de goûts..
Mais c'est vrai que la question de la liberté d'interprétation est en fait, un sacré problème...même si de toute façon, à chaque fois que quelqu'un joue un morceau, il l'interprète différemment de
l'original, c'est certain, parce que jouer c'est aussi une histoire d'émotions, émotions qui sont forcément personnelles et différentes pour chacun...Mais jusqu'où peut-on aller ? Tout dépend de la
démarche qu'on pose à la base, mais je pense que cela ne peut qu'enrichir encore plus un morceau, le montrer sous un autre angle, une autre facette, parfois totalement inattendue...mais
impressionnante. En changeant complètement de registre musical, je vous conseille d'aller faire un petit tour sur Youtube à la recherche de Fade to Black, de Metallica (je vous ai dit que c'était
un registre différent...) : on y trouve bien sûr l'originale, à grands renforts de guitare et de batterie, mais on y trouve aussi d'autres versions, notamment au piano qui sont, à mon goût,
magnifiques, mais aussi une du groupe apocalyptica, uniquement avec des instruments à corde violons et compagnie, et c'est là une façon totalement différente d'apprécier le morceau, qui pourtant,
garde la trame et l'émotion initiale (un peu sombre il faut le dire)


Yannick 21/11/2010 10:57


etCharlotte toi qui a réfléchi sur la question où est la limite entre l'interpértation d'un morceau et une musique qui s'inspire d'une autre ?

peut t-on vraiment parler de plagia ?
et peut créé si l'on a jamais rien vu ni rien sentit, c'est a dire peut on créé a partir de rien.

et donc est-ce-que créé est une activité humaine, ou une activité réservée à la nature, la vie ou bien même au hasard ?
et ducoup es que l'humain au lieu de "créé" ne serait pas plutôt un compilateur, assembleur et un mélangeur ?
D'ailleurs à ce sujet avant, on avait coutume de dire que l'on inventait les maths maintenant on dit qu'on les découvres.
les oeuvres serait-elles à l'arstiste ce que sont les aliments au cuisinier ?
remarquons qu'avant qu'ils y a des oeuvres les hommes préhistoriques paignaient leurs vies et la nature.
et que la nature et régie par des loies physiques, et ses créations que l'on pourrait appelée mutation sont du à l'aléa.


charlotte 19/11/2010 23:10


Merci beaucoup pour tous ces compliments ^^
Je viens de regarder la vidéo grâce au lien que tu m'avais mis, et j'ai adoré !
J'ai fait plusieurs recherches sur internet pour dénicher des interprétations originales mais celle-ci je ne l'avais pas trouvée.
En tout cas, j'ai beaucoup aimé, elle aurait largement mérité sa place dans mon texte libre.
Merci de me l'avoir fait découvrir.


Loïs 18/11/2010 18:24


Je m'incline, simplement.
C'est génial Charlotte, tu fais preuve d'une grande originalité dans ce texte libre. Moi même pratiquant un instrument et étant passionné de musique, je n'aurais jamais pensé à faire un texte sur
l' interprétation musicale, notamment qu'actuellement, un grand nombre d'artiste reprenne des instrumentales connues et les réécrivent. En plus, ton support de travail te fait sortir de l'ordinaire
car tu utilises pleinement dans ton travail les capacités qu'offre un ordinateur.
Je te lie un Url ( http://www.youtube.com/watch?v=eCMSydlCNhA&feature=related ) dans lequel "La Marche Turque" est reprise avec un accent bien plus "rock" à la guitare électrique par le prodige
Matt Rach. j' espère que ça va attirer ton intention.