Jusqu'où peut mener le désir de vaincre?

Publié le 30 Décembre 2009

Texte libre d'Emilie T , TES3

                Dans le domaine du sport de haut niveau, où gagner est le but ultime, il semble qu’il n’y ait pas de limites dans les moyens utilisés pour parvenir à la victoire.

Quand un athlète, dans n’importe quel sport que ce soit, est en passe, durant l’adolescence, d’atteindre le haut niveau, il doit choisir entre ses études ou l’entrainement (lorsque la compatibilité entre les deux n’est plus possible). A ce moment là, il choisit souvent d’abandonner ses études au profit de son prestige sportif. Il compromet alors en grande partie son avenir socio professionnel, car il va passer sa vie dans un univers uniquement peuplé de personnes pour qui la compétition et le sport sont des raisons de vivre ; il ne pourra alors pas profiter de ses études pour  rencontrer des gens aux priorités, aux points de vue différents.

En prenant l’exemple du ski, des dizaines de jeunes atteignent les portes des équipes de France, mais ceux qui y entrent réellement ne se comptent que sur les doigts d’une main. Tous les autres auront fait des sacrifices pendant des années de leur courte vie qui n’auront jamais servis à rien. Ceux qui ont abandonné leurs études ne les reprennent pas pour la plupart, et n’ont donc  jamais le métier qui leur plait et leur correspond vraiment.

Ce genre de situations m’a souvent interpelée et elle nous concerne au lycée dans lequel il existe une section sportive.

Il m’est difficile de concevoir que quelqu'un voue toute sa vie à un seul but : gagner.

Mais d’où viendrait alors ce désir incessant de dominer, de gagner, de se prouver qu’on est le meilleur ? Je pense que quand on est enfant, on pratique un sport  par simple plaisir. Mais les sportifs de haut niveau qui pratiquent ce même sport sont comme des mentors, des gens qu’on admire et sur qui on prend exemple. L’entourage de l’enfant, ses parents peuvent le pousser à aller toujours plus loin, à s’entrainer toujours plus, alors que l’enfant, lui ne demande rien.

En grandissant, l’adolescent semble oublier son plaisir initial à pratiquer un sport. Il finit par être prêt à faire tout et n’importe quoi pour gagner, pour avoir le plaisir, un jour, de monter sur la plus haute marche du podium, d’avoir la certitude d’avoir été le meilleur et d’être reconnu comme un héros par des milliers de personnes à travers le monde. Gagner sert à se prouver à soi même qu’on est parvenu à dépasser des limites, et surtout,  permet d'assouvir un besoin de supériorité vis-à-vis d’autrui, qui habite l’homme depuis la nuit des temps.

Trop de gens aujourd’hui ont  oublié qu’il était possible de pratiquer un sport dans le but de se faire plaisir, de passer du temps dans la nature, de s’évader, d’oublier ses problèmes... L’esprit de compétition est en train de se développer dangereusement...

            Enfin, parmi ceux qui ont choisi la voie de la compétition, de trop nombreux sportifs sont aujourd’hui contraints de choisir entre ne jamais parvenir à gagner ou prendre des produits pour y parvenir... la rage de vaincre à ce moment là rend aveugle, et le choix qui est fait est trop souvent le mauvais. Quand on voit les conséquences qu’a le dopage sur l’organisme et sur l’équilibre psychologique, on se demande comment des personnes qui pratiquaient à la base le sport pour se maintenir en forme ont pu en arriver à ce qui correspond exactement à l’inverse ; prendre des produits pour se maintenir dans une santé physique artificielle. Il y a donc ici une contradiction extrêmement difficile à résoudre, car les sportifs qui se dopent trompent le monde entier, et se trompent eux-mêmes en se prouvant qu’ils peuvent réussir sans se rendre compte que ce n’est plus leur force mais celle de la science et de l’hypocrisie qui leur a permis d’atteindre l’ultime objectif de la victoire.

 

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SALIMI Sarah 10/01/2010 13:47


Le désir de vaincre à notre époque a en effet très peu de limites.
L'exemple du sport est bien choisi. Je m'arrêterai uniquement sur le fait qu'avant la compétition il y a le plaisir (découverte de soi, de son corps en action, de ses faiblesses, de sa force, de
son mental mais aussi découverte de la nature..) & que le vrai chemin (et non le but, le somment de la montagne) qui mène à la victoire selon moi est la passion. Ainsi on peut rapprocher le
désir de la passion et conclure que celle-ci n'a pas de limites. L'infini répondrait alors à 'Jusqu'où'.


Mathieu Poulin 31/12/2009 00:10


Je suis d'accord avec la réponse donnée mais je trouve dommage que seul le sport soit étudier. En effet, il n'y a pas que dans le domaine du sport que l'on cherche à vaincre mais aussi dans la
politique. En effet, on cherche à gagner un débat, une "guerre" contre l'équipe adverse et ce sans dopage. En effet, manipulation, trahison, persuation ... remplace le dopage. L'amour aussi est un
domaine où l'on cherche à vaincre. En effet, lorsqu'on aime une fille et qu'elle est prise nous faisons tout pour que cette fille soit avec nous et si possible pour l'eternité. Vaincre est le but
de l'existence de l'Homme. En effet, l'homme passe toute sa vie a se battre contre la pauvreté, la maladie, la famine ... Le désir de vaincre vient du fait que l'homme recherche le bien-être et le
bonheur. Et cette recherche peut-être accompli que si nous gagnons contre ces defauts de la vie. Cette bataille peut allé jusqua la manipulation, trahison, dopage ... Mais quoi qu'il arrive nous
recherchons le bonheur mais nous arrivons toujours au même stade. Est ce que la mort est le bonheur absolue ?