Manifestation des lycéens "Jamais nous ne serons des robots"

Publié le 26 Mars 2011

 

Le jeudi 24 mars 2011 au soir, au lieu de prendre le bus de retour et de rentrer chez eux, 80 lycéens ont sorti leurs tentes colorées de leur sac, ils les ont dépliées et dressées sur les pelouses qui entourent les bâtiments du lycée. Sont apparus aussi violon, percussions, saxophone, flûte traversière, ukulélé, guitares...(regarder la vidéo) Pas pris le chemin de la maison ou de l'internat, pas pris le bus, même pas fait tous les devoirs, une déchirure dans le quotidien, beaucoup de joie et d'excitation dans les regards. Tous ensemble, ils ont passé la nuit, à parler, à rêver, à se réunir en AG pour s'organiser, à chanter, à composer des airs de musique, à écrire des paroles, à dormir un tout petit, petit peu. 

Après avoir parlé, réfléchi, débattu, écouté, lu, et, pour certains d'entre ces lycéens, écrit des textes sur la démocratie, la soumission et la révolte, l'engagement, l'expression, l'indignation, l'imagination après toute cette effervescence, ils ont décidé de ne pas se contenter de mots ou plutôt ils ont fait vivre, danser et chanter les mots.

Le lendemain vendredi 25 mars, ils étaient 150 sur la place d'Arçon.  Ils ont manifesté et animé la ville de leur joyeuse jeunesse, de leurs impératifs impétueux, de leur ardeur hardie.

Ils se sont assis sur le sol en rang par deux comme s'ils étaient en classe, des classes de 36 ou 40 élèves. Ils ont voulu montrer aux passants quel type d'éducation on peut pratiquer dans de telles conditions. Ils ont joué les professeurs débordés par les questions administratives, d'options, de filières, d'inscription. Et aussi comment enseigner l'allemand quand on est professeur d'histoire-géographie ou encore lorsqu'on débarque de pôle emploi sans aucune formation?

Après cette riche expérience des questions foisonnent dans les têtes, de quoi nourrir la réflexion philosophique dans un mouvement dialectique : des idées à l'action de l'action aux idées et vice versa.

De mon côté je m'interroge:

Comment une action collective prend-elle forme? Qu'est-ce qui fait qu'un groupe  incarne soudain des idées, des attentes qui sont dans l'air? Pourquoi se met-on à y croire alors que cela semblait jusqu'ici de l'ordre du rêve irréalisable?

Dans le collectif comment se définissent les rôles des uns et des autres, avec quelle intensité? Certains agissent discrètement, d'autres s'emparent de la parole et organisent, certains ont plaisir à se montrer, d'autre à rester en retrait, certains suivent, certains s'amusent, certains se sentent bien simplement au contact des autres. Tous nous sommes là sans avoir toujours bien conscience de ce qui nous anime au delà de la cause  commune bien claire: empêcher la destruction de l'éducation. Education dont on comprend qu'elle est le pilier de la démocratie, de l'épanouissement individuel et collectif.

  Et puis aussi me questionnent les passages entre des ensembles déjà bien structurés en l'occurrence les lycéens, les professeurs, les parents d'élèves, des catégories sociales et des générations bien délimitées. Comment les liens, les intensités circulent ou ne circulent pas entre ces groupes?

  Nous réaliserons prochainement un montage à partir des vidéos qui ont été prises lors de ces deux journées. Vous pouvez d'ores et déjà écouter dans cette vidéo la chanson que les lycéens ont inventées dans la nuit du 24 mars 2011 et qui a retenti ce vendredi ensoleillé sur la place d'Arçon. Vous pouvez aussi lire ci-dessous les paroles inventées par les lycéens.

 

 

 

 

Refrain :

Arrêtez donc de brader mon éducation

Je veux étudier dans de bonnes conditions

Lycéens en colère contr'l'uniformisation

Jamais je ne s'rai un robot,

Une marchandise un produit de consommation.

Tous ensemble nous marchons, nous chantons, nous crions

contre cette industrie, cette abrutisation,

Jamais je n'srai un robot

 

Couplet :

L'avenir du pays

Devient compromis

car ils ont décidé

d'vendre ma scolarité

 

Des postes supprimés,

Des classes surchargées

Avenir en danger

plus rien à gagner

 

Refrain :

Couplet :

Tous dans l'même bâteau

contre le fléau

l'école fait naufrage

vite une bouée de sauvetage

 

Pensons aux suivant

nos futurs enfants

mobilisons-nous

et INDIGNEZ-VOUS!

 

Solidarité pour ma scolarité, solidarité pour ma scolarité...

Rédigé par Laulevant

Publié dans #Evènement au lycée

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Camille 28/03/2011 22:08



Bravo a tous, c'est sûrement la première fois que tout le monde était enfin à l'unisson! (à part pour chanter c'est vrai)