Hippias Majeur de Platon

Publié le 13 Décembre 2009

Fiche de Léa, TL1

Hippias Majeur – Platon

Présentation de l’auteur : Platon et des personnages : Socrate et Hippias


Platon 1

Platon est né en 427 av. J-C, à Athènes dans une famille aristocratique. Il reçu l’éducation traditionnelle des jeunes Athéniens fondée sur l’étude des poètes, la musique et la gymnastique. Il se consacra à la philosophie et mis en scène Socrate dans ses dialogues qu’il considérait comme un divin. Il mourut en 347 av. J-C.




 

 

Socrate est né en 470 av. J-C à Athènes. Il détient l’art de la dialectique ( = examen long et minsocrateutieux dans la  recherche d’une définition, c’est l’art de conduire la pensée). Sa philosophie est basée sur la discussion, l’art d’accoucher les esprits = la maïeutique qui conduit l’interlocuteur à découvrir la connaissance vrai qu’il porte en lui. Puis, il est accusé de corrompre la jeunesse et de ne pas reconnaître les divinités de la cité. Il est condamné à mort en 399 av. J-C.

 

 

 

 

Hippias aurait appartenu à la génération de Socrate. C’est un sophiste, il se prétend être un « sage » dont le rôle est la formation des jeunes Athéniens. hippiasIls offrent un savoir-faire qui est un « art », celui de la parole, de la rhétorique. Ces sophistes sont des maîtres professionnels qui font payer très cher leurs leçons.

 

 

 

 

 

 


Le thème du livre : Le beau

Lien avec les notions du programme : L’art et la vérité

Structure du livre : Dialogue  entre Hippias et Socrate

Problème posé par l’auteur : Qu’est ce que le beau ?

Les réponses apportées : Six définitions qui seront toutes réfutées.

Le dialogue est donc aporétique = pas de solution, impasse, on ne résout pas le problème

 

Socrate, Hippias – Prologue

 

Socrate interroge Hippias sur l’argent que gagnent les sophistes à Sparte. Toutefois, Hippias n’arrive pas à convaincre les Lacédémoniens de lui confier l’éducation de leurs enfants. Par ailleurs, les Lacédémoniens pensent que la méthode d’éducation  d’un étranger est meilleure que la leur mais les lois l’interdisent. Hippias est donc contraint à leurs raconter des contes plaisant au lieu de leurs enseigner la géométrie, l’art du calcul…

Socrate demande à Hippias de lui enseigner : « ce que c’est que le beau ? ». Socrate fait remarquer à Hippias qu’il a compris : « qu’est ce qui est beau ? » au lieu « de qu’est ce que le beau ? ». Socrate oppose donc la réalité du beau, quelque chose de concret et l’idée de beau, un concept.

 

 

 

 

Les trois exemples d’Hippias

 

Une belle jeune fille : exemple ironique car comme nous l’avons vu dans le Banquet : Socrate préfère la beauté des jeunes garçons. Hippias en proposant cet exemple ne donne pas une définition générale du beau mais un exemple particulier car la beauté de cette jeune fille n’est pas un sentiment universel. D’ailleurs Socrate la compare à une marmite puis à une déesse. Il met donc en exergue les termes de beau et de laid. Il veut démonter qu’il y a du beau au-delà des belles choses.

L’or : Hippias renchérit en lui disant que l’or embellit toute chose même si elle est laide par nature. Hippias recherche donc une réalité matérielle, quelque chose qui s’ajoute pour embellir l’objet, la personne. Mais Socrate lui parle de la statue « chryséléphantine » d’Athéna qui est d’or et d’ivoire. Il lui demande si le sculpteur a eu tort en choisissant l’ivoire comme matériau. Hippias lui répond d’abord que l’or est plus beau que l’ivoire car l’or est quelque chose de commun aux belles choses. Puis il lui dit que l’ivoire peut être tout aussi beau quand il convient. Hippias cherche quelque chose d’extérieur, la qualité qui rend belle alors que Platon dans ce dialogue veut démontrer l’idée de beau. Socrate va appuyer cette idée de « convenance » en prenant pour exemple une marmite remplie de soupe et deux cuillères : une en or et une en figuier. Il va montrer que celle en figuier conviendra mieux pour donner meilleur goût à la soupe. Cet exemple met en avant la beauté fonctionnelle.

Une vie heureuse : Pour Hippias le beau c’est : « être enseveli par ses descendants après avoir rendu le même devoir à ses ancêtres ». Il propose donc l‘achèvement d’un idéal de vie selon les rituels traditionnel. Sa définition ne va toujours pas car Hippias s’appuie sur une opinion commune des Grecs, elle est donc ni universelle, ni objective. Socrate réfute sa définition en donnant le contre exemple d’Achille qui rêve comme tous les héros de gloire et d’une mort précoce perçue comme un dernier sacrifice. Tous les exemples d’Hippias ne conviennent pas car ce ne sont pas des définitions correctes. Définir c’est expliquer clairement, méthodiquement, l’essence, la nature, les qualités d’une chose, simplement pour faire connaître ce qu’elle est.

               

Socrate donne alors à son tour trois définitions :

 

La convenance : Socrate revient sur l’idée de convenance vue dans la 2ème définition de Hippias. Pour Hippias le beau c’est la convenance de l’apparence : c’est ce qui fait paraître beau : les habits, le maquillage, les bijoux…. Socrate va par la suite de la discussion distinguer l’être et l’apparence. Il en conclut que le beau c’est la convenance qui harmonise l’aspect extérieur et la beauté intérieure d’un être, son essence. Le beau c’est donc être beau et être rendu beau, il n’y pas de différence entre l’être et l’apparence.

L’utile et l’avantageux : Puis Socrate définit le beau comme l’utile, c'est-à-dire que le beau est la capacité d’atteindre un but, une fin : un beau corps permet de gagner un combat dû à une musculature favorable. Par ailleurs, il explique aussi l’avantageux : ce qui vise les belles actions, le bien : la sagesse est belle alors que l’ignorance est laide.

Les plaisirs de l’ouïe et de la vue : Il définit le beau par le plaisir, le beau est donc associé à l’agréable : les beaux hommes, les belles peintures, les beaux discours, les belles fables. Toutefois, Socrate et Hippias n’arrivent pas à se mettre d’accord, ils ne savent pas si ces deux plaisirs ne font qu’un ou s’ils sont séparés. Par ailleurs, ces deux plaisirs ne prennent pas en compte les autres sens. Les cinq sens (l’ouïe, la vue, le toucher, l’odorat, le goût) ne sont pas tous en accord avec le beau : les plaisirs sensuels sont honteux et vulgaires : « aux plaisirs de l’amour, tous soutiendraient qu’il n’y en a point de plus agréables, et que cependant il faut les goûter de manière que personne n’en soit témoin, parce que c’est la chose la plus laide du monde ».

 

 

Un dialogue aporétique

 

Hippias s’emporte contre Socrate en lui disant que la beauté selon lui réside dans l’art de bien parler pour persuader les hommes et non des s‘occuper de question insensée. Socrate est déçu qu’on l’insulte à chaque fois qu’il est embarrassé par un problème. Puis il conclut en disant que leur conversation lui a été bénéfique car il a compris « le sens du proverbe : les belles choses sont difficiles ».

Ce dialogue est donc un dialogue aporétique car Hippias et Socrate n’arrivent pas à accorder leurs opinions : le beau en tant qu’apparence et le beau en tant qu’idée. Ces deux opinions se soutiennent mutuellement mais sont à la fois incompatibles. Toutes les propositions proposées sont réfutées et Socrate renonce à terminer sur une définition qui ne pourrait englober et dire précisément ce qu’est le beau.

 

 

* * *

 

La lecture du livre : les idées avec lesquelles je suis d’accord ou en désaccord 

 

Il me semble que le beau en tant que réalité n’existe pas on ne peut pas parler d’une belle jeune fille, d’un beau tableau car ce ne sont que des jugements subjectifs qui sont influencés par la société. Par exemple avec les canons de beauté des différentes époques : avant les femmes voulaient avoir une taille très fine avec des hanches très larges, « en bonne chaire » pour plaire aux hommes alors qu’aujourd’hui il faut être la plus mince possible et la plus grande. Cette influence des canons de beauté se retrouve dans la publicité, les magazines de mode, à la télévision…  Par ailleurs, ce sentiment de beau provient essentiellement de ce que l’on ressent lorsque l’on voit un objet que l’on dit comme beau. Ce sentiment est différent pour chaque personne car nous avons chacun une perception différente des couleurs ou même d’une image. Par exemple lorsque vous dites « arbre » à quelqu’un il pourra penser à un sapin mais si vous le dites à une autre personne, celle-ci pourra penser à un saule pleureur. Le beau est perçu de manière différente : un homme pourra être décrit comme laid ou beau suivant la personne qui le voit. Cette différence est due à l’influence de la société, à notre vécu, nos goûts qui sont presque indéfinissables car on ne c’est pas si c’est par habitude que l’on aime ou pour une fonctionnalité ou pour le plaisir des sens, pour un souvenir …et bien d’autres facteurs existent encore.

 


Rothko.jpg
              
Je pense que les toiles de Rothko donnent l'idée de Beau. Il crée des aplats colorés aux bords indécis qui donnent l’impression d’un mouvement. Les surfaces parfois monochromes ou de différentes bandes vibrent par l’intensité des couleurs complémentaires et flamboyantes. Ses toiles s’ouvrent sur une autre dimension, le spectateur est absorbé par celle-ci, par l’intensité des couleurs. Une spiritualité entre la dimension de la toile et l’esprit du spectateur naît. C’est cette spiritualité, cette dimension indéfinissable comme un rêve, un sentiment différents selon les personnes qui crée l’idée de beau. Celle-ci est accessible si le spectateur contemple l’œuvre.

 

 

                                                  



Publié dans #Notes de lecture

Commenter cet article