Freud, cinq leçons sur la psychanalyse

Publié le 1 Février 2012

  Note de lecture de Célia élève de terminale L


En 1909, Freud et Jung (pionnier lui aussi de la psychanalyse) se rendent dans une université à Worcester, près de Boston, afin d’animer une conférence sur la science naissante qu’ils apprivoisent de jour en jour. Cette conférence sera retranscrite dans le livre intitulé Cinq leçons sur la psychanalyse.

freud2.jpg

 

 

Dans ce livre, Freud veut expliquer et rendre accessible son point de vue sur cette nouvelle science. Il utilise des termes simples, qui résument l’ensemble de ses théories. Il veut faire comprendre ses idées afin d’en discuter, il est prêt à la critique, il expose des objections possibles et rediscute ses conclusions si cela en est nécessaire.

Il propose des exemples simples pour montrer le fonctionnement de la réalité psychique comme celui de l’élément perturbateur de la conférence assimilé à un refoulement dans la formation de la névrose, puis il qualifie avec des termes précis le point de vue théorique.

Cette manière d’écrire rend son ouvrage facile à lire, et, une fois plongé dedans, il est très difficile d’en sortir, cependant comme il avance très vite dans ses explications, il faut assimiler les noms donnés aux symptômes ainsi que les concepts. Il n’est pas toujours facile de tout retenir. Il faut parfois relire la page afin de bien tout comprendre.

 

 

  Résumé de son exposé ainsi que les thèmes et les concepts mobilisés.


Première leçon

Freud attribue au docteur Breuer l'origine de la psychanalyse. Ce dernier ayant soigné, et donc étudié, le cas d’une jeune fille de vingt et un ans, présentant des symptômes physiques et mentaux plus ou moins graves (contractures musculaires, perturbations aux niveaux visuel, linguistiques, trouble de la mémoire) apparus lorsqu’elle soignait son père adoré. Tout portait à croire que son problème résultait du cerveau et qu’il serait irréversible, qu’il l’amènerait même jusqu’à la mort. En voulant aider sa patiente, le docteur Breuer constata que la « cure de la parole » qui consistait à faire parler la patiente en l’hypnotisant, lui permettait de lui rappeler un événement bloqué dans son passé auquel il donna le nom de « traumatisme psychique ». Ces événements restent dans le souvenir mais de façon inconsciente et ils continuent à pertuber le malade qui ne parvient pas à leur faire face. Il s’est passé quelque chose dans la vie du patient qu’il n’a pas accepté alors qu’il était dans un état d’âme spécial nommé « hypnoïdes », et qu’il a donc refoulé au plus profond de lui. Le corps manifeste ce refoulement par des symptômes plus ou moins marqués selon le traumatisme vécu et refoulé. Freud dit également, que « là où il y a symptôme, il y a amnésie,…, et que si l’on réussit à combler cette lacune, on supprime par là même le symptôme. ».

 

 

Deuxième leçon

Ici, le psychanalyste met la lumière sur les travaux de ses confrères Charcot, Janet, Bernheim… Puis il se démarque de Breuer, en effet il pense que l’hypnose n’est pas nécessaire au patient, il considère ce procédé comme « incertain » doté d’un côté « mystique ». Il cherche pour sa part à faire parler ses patients pour qu'ils retrouvent leurs souvenirs. Cependant, cette méthode ne marche pas à coup sur. Elle est longue et mérite beaucoup de patience car à l’intérieur de nous existe des forces qui retiennent les réminiscences comme une résistance opposée par le malade. La suppression de la résistance permet la guérison du malade. Freud invente le nom de « refoulement » afin de qualifier ce processus prouvé par la résistance. Ces refoulements sont liés au moi qui cherche à se préserver de souvenir pénibles.

 

Troisième leçon

Freud reprend l’idée de déterminisme psychique, c’est-à-dire que l’esprit est dirigé par l’inconscient.

Freud qui laisse parler les malades, les assure qu’ils savent ce qui les bloque, ainsi tout ce qui sort de leur bouche peut être considéré comme symptôme. Il existe également deux autres moyens de soigner ces maux. Grâce à l’interprétation des rêves, et à l’analyse des lapsus et actes manqué. Les lapsus sont des paroles qui sortent de nos bouches à des moments ou nous ne voulons pas, ou lorsque nous disons un mot pour un autre. Les actes manqués sont toutes les ‘bourdes’ que nous faisons fréquemment, nous accomplissons malgré nous quelque chose de non voulu (ex : oubli d'un rendez-vous important)

Pour Freud, l’interprétation des rêves est « la voie royale de la connaissance de l’inconscient », c’est la base la plus sûre de ses recherches et la plus passionnante. Le rêveur qui ne comprend pas la signification de ses rêves peut être comparé à l’hystérique qui ne comprend pas la signification de ses symptômes. Freud distingue le « contenu manifeste du rêve », ce qui correspond au souvenir du rêve au réveil, et « idées oniriques latentes » idées qui seraient plus enfouies dans l’inconscient. Pour mettre en rapport ces deux valeurs, il faut donc analyser le rêve.

Les actes manqués sont tout aussi significatifs. Ils expriment des intentions, des désirs que l’on veut cacher à notre propre conscience.

 

 

Quatrième leçon 

Avant toute chose, Freud nous explique que les symptômes morbides sont liés à la vie amoureuse, érotique, et sexuelle du patient, ce qui est valable pour les deux sexes. Ce n’est pas toujours un sujet très facile à aborder en toute franchise, les hommes ne sont pas vraiment francs dans ce domaine. Mais c’est une partie très importante, car c’est ce qui est considéré comme « tabou » pour le malade qui va lui permettre de déverrouiller une partie de l’inconscient. Freud poursuit son exposition en montrant que la sexualité infantile est réellement importante dans le développement de l’adulte. Effectivement la sexualité n’apparaît spontanément l’adolescence, il y a tout un processus dès la naissance qui se met en place. L’enfant découvre des sensations de plaisirs, mais que l’on peut déjà qualifier « d’auto-érotisme ». Ensuite l’enfant manifeste très vite, et instinctivement, le besoin d’une autre personne, à partir de là on peut considérer que l’enfant a une « libido ». À la puberté surgit la « grande marée des besoins sexuels », cependant ceux-ci subissent des refoulements suivant l’éducation reçue par l’enfant.

Freud explique ensuite le complexe d’Œdipe, l’enfant amoureux du parent du sexe opposé.

 

 

Cinquième leçon

Lorsque les besoins érotiques d’une personne de sont pas comblés, on voit qu’elle se réfugie dans la maladie, afin de retrouver le plaisir perdu mais en même temps elle s'enferme dans sa névrose. L’art apparaît comme une solution plus adaptée puisqu'il permet à l’individu d’exprimer des choses refoulées ou non satisfaites. Il s’agit dans ce cas de sublimation.

Il y a trois manières de libérer les désirs inconscients : la première est de supprimer les désirs inconscient par la réflexion lors du traitement, la deuxième est de les faire réapparaître, leurs faire reprendre une fonction normale si le corps n’a pas été endommagé et de les satisfaire si cela est compatible avec l'ordre social et la quatrième est la sublimation.

 

 

 

Mon point de vue sur cette lecture

La lecture m’a beaucoup apporté. J’ai vraiment bien compris les trois première parties, mais je dois avouer que les deux dernières me paraissent plus floues, surtout la dernière… des notions ne sont pas claires ou plutôt difficile à saisir. Ce livre est plein de connaissances, mais il faut s’accrocher pour tout assimiler, voire le lire plusieurs fois… et encore on n’accroche pas tout. Peut-être que j’ai eu plus de mal avec les dernières leçons, car elles sont à la fin, et que c’est toujours la fin que l’on relit le moins. Néanmoins, cette lecture nous fait nous poser de nombreuses questions sur nous même, voire sur notre entourage, on réfléchit différemment sur le monde et le voit d’une façon différente.

Je trouve qu’il est également difficile de raccorder les notions de Freud aux notions philosophiques, rediscuter de ses expériences d’un point du vue philosophique me paraît difficile, et ce peut-être ce qui manque le plus à ce devoir. La psychanalyse est centrée sur la personne et son fonctionnement psychique alors que la philosophie sur des sujets plus généraux et pas seulement centrés sur le fonctionnement psychologique.

Rédigé par Laulevant

Publié dans #Notes de lecture

Commenter cet article