Faut-il être cultivé pour apprécier une œuvre d’art ? (corrigé n°1)

Publié le 2 Avril 2011

Copie de Juliette Charpy TS1

Nous avons tous fait cette expérience : dans un musée nous sommes attirés par la beauté d’une œuvre d’art plus que par d’autres œuvres qui nous paraissent inintéressantes. Donc l’art touche par le beau et les artistes cherchent à l’atteindre en s’adressant délibérément aux sens et aux émotions. Cependant, le beau dépend aussi de la culture du spectateur et les artistes font appel aussi à l’intellect du public. Les visiteurs du musée ne sont pas tous attirés par les mêmes œuvres. Par exemple, une personne peu cultivée va passer devant un tableau sans le voir car il ne l’attire pas, il ne touche pas sa sensibilité. Alors qu’une personne cultivée pourra attacher de l'importance à l'œuvre car elle la verra peut être sous un autre regard puisqu’elle la comprendra. Alors qu’est ce qui les différencie ? Est-ce leur niveau culturel ? Etre cultivé c’est se développer par l’instruction, avoir une palette de connaissance : transmises par l'éducation et portant sur la science, l'histoire, la littérature, la mythologie. La culture s'oppose à l'ignorance. De plus, apprécier une œuvre d’art peut signifier des choses très différentes. On peut trouver des qualités esthétiques à une œuvre d’art mais aussi vouloir la comprendre, pouvoir la juger, l’estimer ou encore l'aimer. Alors le sentiment esthétique nécessaire pour apprécier une œuvre d’art dépend-il du niveau culturel du spectateur ?

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             Les époux Arnolfini, Van Eyck

L’art s’apprécie avec les sens. Les artistes cherchent à faire participer le spectateur, en captant son attention. Par exemple, ils peuvent raconter une histoire dans leur œuvre. L'artiste peut utiliser des scènes de la vie courante ce qui rappelle au spectateur son quotidien. Cela peut faire naitre des émotions. Un tableau comme par exemple Les époux Arnolfini de Jan van Eyck, présente une histoire celle d’un couple avant le mariage. Il peut être touchant.

L’œuvre d’art peut rappeler au spectateur des souvenirs heureux et toucher sa subjectivité. Il aimera alors l’œuvre d’art, il saura l'approprier à sa propre vie. L’artiste peut l’intéresser aussi avec des formes et des couleurs qui à première vue sont insignifiantes comme dans l’art abstrait. L’art abstrait laisse libre court à l’imagination et le spectateur peut voir le tableau comme il le désire. Il inventera peut être quelque chose dans le tableau qui le fera l’apprécier tout particulièrement ou il jouira simplement  de la vue des couleurs et des formes.


De plus, l’imagination est innée et non culturelle. Elle ne s'enseigne pas. Ainsi les enfants en bas âge débordent d'imagination alors qu'ils n'ont pas commencé l'école. Ils peuvent apprécier ou non une œuvre alors qu’ils n’ont pas encore de passé culturel. Donc un spectateur peut avoir un jugement sur une œuvre d’art sans être cultivé car il peut l’apprécier avec les émotions ou l’imagination. L’art vise aussi le beau. En effet, l’harmonie des formes pour une peinture ou bien des sons pour une musique peut provoquer un plaisir qui fait aimer l’œuvre. La beauté d’une chose peut aussi émouvoir. Même un ignorant peut ressentir du plaisir en écoutant Piano Concerto No. 21 de Mozart. Si les grandes œuvres durant les siècles ont eu autant de succès c’est qu’elles plaisaient au grand public et cela de façon universelle et intemporelle. Par exemple, les pièces de Molière plaisaient autant au peuple qu’à la bourgeoisie. Tout le monde n’a pas un niveau culturel égal et cela dépend souvent du milieu social auquel on appartient. La culture ne doit donc pas jouer un grand rôle dans l’appréciation d’une œuvre d’art.

Dans cette première partie, on a seulement considéré le terme « apprécier » dans le sens aimer, susciter une appréciation esthétique positive, trouver de l’intérêt. Un des buts de l’artiste est de plaire au spectateur mais peut-être cherche-t-il aussi autre chose.


On peut comprendre le terme apprécier d’une manière différente. En effet, on peut considérer qu’apprécier une œuvre peut aussi signifier être capable de la juger, de l’estimer à sa juste valeur donc de la comprendre. Je pense qu’être cultivé peut aider et permettre de juger les différentes œuvres. Sans un minimum de connaissance, le spectateur va comprendre l’œuvre et le message de l’artiste de travers. Il va admirer au hasard ou bien se désintéresser sans raison car l’œuvre ne lui aura apporté aucun plaisir. Alors pour comprendre, il faut apprendre le langage de l’art. En effet, si on ne connaît pas les techniques de la peinture, par exemple, on ne peut reconnaître les prouesses de Monet, Picasso ou Léonard de Vinci. Mais il n’y a pas que les connaissances qui se rapportent à l’art qui sont importantes. Toutes les sortes de connaissances peuvent apporter un plus quand on examine l’œuvre. Comme par exemple : les sciences des mathématiques. En effet, Léonard de Vinci utilisait des règles de géométrie et de l’anatomie afin de réaliser son interprétation des proportions parfaites de l’homme. Donc avoir des connaissances sur ces domaines peut permettre d’apprécier pleinement ses œuvres.

leonard-de-vinci-l-homme-de-vitruve-8464.jpgLéonard de Vinci, L'homme de Vitruve

Les livres peuvent être une grande source de savoir. Ils peuvent nous permettre de connaître des choses sur l’auteur de l’œuvre et comprendre pourquoi il a fait cette œuvre. Par exemple, connaître l’enfance d’Arthur Rimbaud peut permettre au lecteur de mieux comprendre ce qu’il écrit et partager des sentiments. Par exemple, Rimbaud écrit « le mal », lorsqu’il est adolescent. Il exprime sa haine contre la violence à l’âge ou l’on est le plus révolté. Grâce à la culture livresque, on peut apprécier ses poèmes plus facilement.

Il est indéniable que la culture que possède l’individu quand il regarde ou écoute une œuvre d’art l’aide à l’apprécier. Sans culture, l’individu va laisser passer des détails importants à la compréhension de l’œuvre (un rappel à l’histoire pour un tableau, ou une note de musique singulière dans un opéra). Comment pourra-t-il alors évaluer l’œuvre à sa juste valeur. S’il ne l’apprécie pas : c’est qui il n’était pas assez qualifié afin de voir ce qui sort de l’ordinaire, quel est le message transmis, ou encore quelle est l’émotion à partager.

Donc on peut dire que les sentiments qui nous font admirer les œuvres dépendent de notre niveau culturel. Suivant les voyages que l’on a fait, les choses que l’on a apprises, on n’est pas tous touché par les mêmes œuvres. Si une personne est partie vivre à l’étranger elle pourrait comprendre d’autres allusions dans un tableau contrairement à quelqu’un qui est resté dans son village. Il faut examiner une œuvre d’art en se remettant dans le contexte du moment où elle a été conçue, du lieu, des spectateurs à qui elle s'adressait à l'origine. Car sinon on va comprendre les choses de travers. C’est pour ça qu’il faut un minimum de culture sur les autres univers qui existent, être ouvert à l’histoire d’autres religions…

Il y a donc quelque chose très subjectif par rapport à l’art et être cultivé peut nous permettre de nous détacher des préjugés que l’on a et qui nous empêchent de voir ou d'écouter.

Nous avons étudié le fait qu’être cultivé pouvait influencer notre rapport à l’œuvre d’art mais il est intéressant de se questionner sur l’influence que peuvent avoir les œuvres d’art que l’on admire sur notre niveau culturel.

 

 

Effectivement, être cultivé permet de mieux apprécier les œuvres mais on peut aussi apprendre de l’art. C'est par l'observation des œuvres d’art qu'on se cultive. C’est en s’intéressant à une œuvre qui nous aura captivé que l’on va chercher à la comprendre. Peut-être va-t-on faire des recherches et apprendre des choses sur l’auteur de l’œuvre, ou bien sur un autre pays, sur de nouvelles traditions. Comme pour comprendre les significations de masques africains, il faut s’intéresser au mode de vie des ethnies à qui appartenait le masque. Et de fils en aiguilles, le nombre de connaissances va s’accroitre, de plus en plus d’œuvre d’art vont nous intriguer et c’est en ayant contemplé une œuvre d’art au hasard que l’on va se cultiver.

Donc si la culture provient de la découverte de l’art et que l’art a besoin de la culture pour être compris cela signifie qu’il y a un point d’origine pour apprécier l’art qui ne dépend pas de la culture. Il y a bien une première fois qui a enclenché le mécanisme car la culture n’est pas innée. Donc être cultivé n’est pas nécessaire mais c’est très important. De plus, ce n’est pas suffisant car s’il n’y a aucun ressenti d’un plaisir esthétique, il ne peut pas avoir de déclic pour l’art.

 

L’art s’apprécie donc avec les sentiments car il vise le beau et la production d’émotions intenses. Il peut ainsi réussir à toucher un ignorant. Mais la validité des sentiments n’est pas confirmée. En effet, ils dépendent de la culture du spectateur, de ses voyages et de son ouverture d’esprit. En outre plus le spectateur est cultivé, plus il apprécie un nombre divers et variés d’œuvre d’art. Il peut acquérir sa culture avec l’art donc ce n’est pas la culture qui permet d’apprécier une œuvre d’art mais elle aide beaucoup à sa compréhension.

Rédigé par Juliette Charpy

Publié dans #Corrigé de dissertation

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dfsgtr 08/03/2017 10:51

c pluitot cool