Sommes-nous manipulés par les médias?

Publié le 15 Janvier 2011

Un texte libre d'Hélène Loget, TL2

Nous vivons aujourd’hui dans un univers saturé d'informations que nous recevons par la télévision, Internet, la radio ou encore par les journaux. Nous avons aussi tendance à prendre ces informations pour la vérité, notre interprétation du monde est donc façonnée par toutes ces données que nous recevons la plupart du temps passivement et sans regard critique. Mais on peut s'interroger : dans quelle mesure sommes-nous influencés? Qu'est-ce qui peut fausser notre jugement? Et surtout comment nous informer pour comprendre le monde dans lequel nous vivons?

 

Le journaliste est obligé d'opérer un choix, car il est impossible de dire toute la diversité de la réalité et cela serait de toutes façons sans intérêt. En fonction de quel critère va-t-il alors choisir le sujet qu'il va traiter? Du point de vue du récepteur de l'information qui regarde ou écoute il faut savoir que celle-ci a forcément fait l’objet d’un tri et qu'il y avait peut-être d'autres choses à dire. Le tri opéré par le journaliste se fait souvent pour plaire et séduire public car il s'agit de faire de l'audience. C'est ainsi que le journal est pensé dans sa composition esthétique, rien n’est fait au hasard. La forme du journal est importante, elle doit attirer le lecteur, ou le téléspectateur par son apparence. La forme occupe aujourd’hui une grande place comparée à celle qu’elle occupait au XIXe siècle. Mais alors le lecteur est-il davantage attiré par la forme ou le fond ? Quel est le plus important la communication ou le contenu de l'information?

 

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Dessin de Léo Grenon

Ainsi on ferait entendre au récepteur ce qu'il veut entendre ou plutôt ce qu'il entend facilement, sans se fatiguer. Par exemple le récepteur va vouloir regarder un certain type d’information comme les faits divers violents que les médias mettent souvent en avant. Cet attrait pour les faits violents fait appel à une curiosité morbide. La conséquence en est que le spectateur assistant à tant de faits divers violents voit le monde comme s’il n’était constitué que de drames et d’horreurs. Cela le conduit parfois à vivre dans la peur. Pourtant il faut rappeler que les faits divers ne sont que des exceptions.

Ensuite le récepteur qui est comparable à un spectateur a besoin de s’informer en vivant une autre vie. Il rentre chez lui, allume son poste de télévision , se coupe de son entourage immédiat et se connecte au monde. Il découvre alors une autre vie, une vie par procuration, à laquelle il peut plus ou moins s'identifier, celle du Français qui voit sa retraite diminuer, celle de l’Ivoirien qui pour la première fois a pu voter mais qui vit dans la violence de son choix, celle de l’Américain qui voit son fils partir en Afghanistan ou encore celle du dissident chinois Liu Xiaobo qui n’a pas pu aller chercher son prix Nobel de la paix à Oslo. Cela détourne le public de son quotidien.  C’est donc à ce désir d’évasion que les instruments de l’information répondent. Mais dans ce cas on peut s'interroger : de quelle réalité les médias rendent-ils comptent?

 

Enfin parlons du divertissement. Les « guignols de l’info » mettent en avant les faits d’actualité mais de façon revisitée, analysée de manière ironique. Peut-on considérer que ce support ironique de l’information en est vraiment un ? Si l’on considère uniquement le cas des guignols, l’information n’est pas objective ; elle est analysée et soumise à un jugement sévère. Malgré tout, grâce à l’ironie ils passionnent leur public et le divertissent.


Mais le récepteur ne désire pas seulement s’évader, il souhaite aussi se relier au monde et le comprendre en s'informant. Alors il doit se forger sa propre opinion en ayant pris soin de ne pas s’arrêter à une source mais d'analyser plusieurs sources. Il doit trier les informations importantes c’est-à-dire celles qui auront un impact sur la politique, sur l’économie et sur la société et qui marqueront l’homme. Les informations qui ont pour but de divertir sont éphémères, un "scoop" qui aura fait la "Une" d’un journal sera bientôt supplanté par une nouvelle information,  ce qui avait fait polémique est alors oublié. Mais un cas dont on a parlé quatre minutes dans un journal télévisé n’est pas analysé, il est juste exposé. Par conséquent, il faut aussi s’intéresser à d’autres médias que la télévision, tels les journaux, la radio, Internet, les livres dont certains apportent une analyse approfondie.

C’est donc une démarche active qu'une personne souhaitant s'informer doit entreprendre pour forger son propre jugement, sans se contenter de recevoir passivement les informations diffusées.

Tout comme l’historien, le citoyen doit prendre un certain recul avec les informations qui lui sont données à chaud pour mieux les comprendre.

Rédigé par Hélène Loget

Publié dans #Texte libre

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