La démocratie

Publié le 13 Octobre 2009

Débat sur la démocratie.

Le 1 octobre 2009

 


Hippolyte a proposé un exposé trois minutes sur le sujet suivant : l’excès de démocratie empêche-t-il d’avancer ?


Il a choisi ce sujet parmi la liste de sujets proposés par les élèves en début d’année.

Lors de cet exposé Hippolyte a donné des arguments critiquant la démocratie :


1° Le fonctionnement démocratique ralentit les prises de décisions.

Il faut du temps pour prendre en compte l’avis de tout le monde, or il y a parfois des décisions qu’il faut prendre dans l’urgence.

Lorsque plusieurs personnes gouvernent il n’y a pas de coordination.

 

2° Les idées du peuple sur lesquelles s’appuie la démocratie ne font pas toujours avancer vers le bien commun.

- La majorité peut se tromper

- Lorsqu’on débat, l’idée commune sur laquelle on s’accorde n’est pas toujours la meilleure, c’est parfois une idée sans intérêt ou même dangeureuse.

- Le peuple peut être réactionnaire. Par exemple François Mitterrand n’a pas demandé l’avis du peuple lorsqu’il a aboli la peine de mort en 1981. Si on avait demandé l’avis des français la peine mort serait toujours en vigueur.


 


Cet exposé a entraîné un débat

J'ai demandé à Hippolyte s'il ne se sentait pas un peu platonicien. Si le peuple est incapable et "qu'on ne prend pas des boeufs pour gouverner des boeufs" comme l'écrit Platon dans les Lois, ne nous faut-il pas un philosophe-roi?

Hippolyte a semblé perplexe.

Hippolyte a demandé à Neila :

Selon toi quelle est la meilleure forme de gouvernement ?

Neila : la démocratie car le peuple peut donner son avis.

Donia : quand on demande son avis au peuple, il n’arrive pas à s’accorder et c’est le désordre.

Nous nous sommes demandé si Donia avait bien proposé là une objection.

Neila : ce que dit Donia n’est pas une objection à ce que j’ai affirmé, car même si c’est le désordre le peuple peut donner son avis.

Cécilia : Dans la démocratie représentative le peuple ne peut pas donner son avis.

La classe a reconnu que cette fois-ci il s’agissait bien d’une objection à ce qu’avait dit Neila.

Hippolyte : les députés représentent le peuple et ils parlent en son nom, même s’il arrive qu’ils le trahissent.

Un problème philosophique a alors été posé par la classe :

La démocratie représentative trahit-elle nécessairement les idées du peuple ?

Gaelle : oui les représentants trahissent le peuple, en France ils sont vieux et ils n’appartiennent pas à la même catégorie sociale que le peuple.

Tous les élèves de la classe sauf Elodie se sont accordés pour dire que Gaelle avait apporté une réponse au problème et qu’elle avait donné un argument et non un exemple.

Suite du débat le 7 octobre :

Le débat  reprend sur cette question de l'exemple.

Ce qu'a dit Gaelle est-il un exemple ou un argument?

Toute la classe s'accorde finalement pour dire qu'il s'agit bien d'un exemple qui n'est pas un argument.


Un exemple est toujours singulier ou particulier, il vaut pour un cas ou pour quelques cas mais pas pour un argument qui doit valoir en général. Un exemple de montre rien car on peut toujours trouver un autre exemple différent.


Si l'on dit que la démocratie représentative trahit nécessairement le peuple parce qu'en France les députés sont vieux et d'une classe sociale élevée, c'est un exemple car il existe des pays dans lesquels les députés sont beaucoup plus jeunes. Cet exemple ne remet donc pas en cause le système de représentation démocratique. Il illustre un problème lié à la France, au vieillissement de sa population, et à un manque de démocratie participative tandis que des partis s'accaparent le pouvoir.

Elodie I : cette critique était finalement une manière de se défouler.

Elodie B : il y a un problème en France car les classes les plus modestes ne sont pas représentées à l'assemblée. Mais le peuple a voté et il ne peut s'en prendre qu'à lui-même.

Hippolyte : la prochaine fois le peuple ne votera pas la même chose. Cela ne sert à rien de se défouler.

Amélie : ça ne sert à rien de manifester son mécontentement.

Hippolyte : il ne faut pas être fataliste non plus, il y a une différence entre se défouler et critiquer.

Amandine : se défouler vient des sentiments, d'une pulsion alors que la critique repose sur un raisonnement fondé.


 

Ce que les élèves ont pensé du débat du 1er octobre :

 

Il y a eu de bonnes idées mais la progression était trop lente.

 

Le rythme du débat est coupé quand la prof demande l’avis de toute la classe en faisant lever la main pour montrer qu’on est d’accord ou pas d’accord, ou que la formulation d’un tel est claire ou non, ou qu’il a bien émis une objection, ou répondu à la question.

 

Lorsqu’on vote à main levée pour savoir quelle est l’idée qui nous paraît la plus censée, les élèves s’influencent les uns les autres. Ils lèvent la main comme les autres pour ne pas se sentir tout seul mais pas pour exprimer ce qu'ils pensent.

 

Le débat fut silencieux, mieux organisé que les fois précédentes et je trouve qu’on a avancé.

 

On n’a pas beaucoup avancé.

 

Ce débat est pour l’instant celui qui a le moins tourné en rond.

 

Nous arrivons à nous accorder en progressant sur les idées.

 

Débat pas assez vivant, pas assez d’objections.

 

Ce débat nous a permis de nous rendre compte des vraies ou fausses objections.

 

Le débat n’est pas terminé!

 

Avis des élèves sur le débat du 7 octobre

Un débat plus constructif sur un sujet qui nous concerne.

On a fait la différence entre un exemple et un argument.

Notre débat était plutôt politique que philosophique mais c'est intéressant de connaître l'avis des autres sur ce sujet.

 

 

Publié dans #Débat en classe

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Favry Roger 04/10/2009 20:04


J'ai beaucoup travaillé ce problème de la démocratie. J'en ai même fait une BT2 pour le mouvement Freinet. En cas de besoin je peux en envoyer le texte. Dans l'immédiat voici brièvement le résultat
de mes recherches.
1. La démocratie athénienne n'est qu'un modèle formel. En fait c'est une aristocratie parce qu'on vote pour les meilleurs. Il y avait pour un certain nombre de tâches une élection par tirage au
sort mais
a) il fallait être volontaire
b) on était tenu pour responsable en cas d'échec
Du coup il y avait peu de volontaires... seuls ceux qui se sentaient assez forts se présentaient au tirage au sort.
2. Notre démocratie est aussi d'origine religieuse : l'égalité en Jésus-Christ est affirmée par saint-Paul et surtout les premiers évêques étaient élus par acclamations selon le principe "Vox
populi, vox Dei".
3. Chateaubriand disait que notre démocratie venait des forêts celtes et il avait raison. Le conseil des anciens prend des décisions mais sous le contrôle de la tribu. Celle-ci ne vote pas mais
elle contrôle.
Amicalement