La scolarité et les notes

Publié le 27 Janvier 2009

Réflexion d'Elodie TES1


En France comme dans de nombreux autres pays, le système scolaire repose sur un ensemble d'appréciations et de notations du travail écrit de chaque élève,  censé permettre à celui-ci d'enrichir encore davantage ses connaissances . Cependant quel rapport un élève entretient il avec ses notes ? Est il en accord avec ce système qui lui est imposé ?
Il est vrai que l'enfant étant bercé dès sa plus tendre enfance par ce système, accorde un certain attachement à ses notes. Elles sont pour lui un but à atteindre pour réussir.
L'élève semble encouragé par sa note lorsqu'elle est bonne, il prend confiance en lui et réalise qu'il est doté de certaines capacités qu'il peut exploiter encore davantage. Les notes représentent alors un certain prestige qui lui donne accès à un statut vis à vis des autres élèves. L'enfant accède ainsi à une notoriété, et est fier d'exprimer sa réussite scolaire. De plus, lorsqu'un élève réalise que ses notes sontplus élevées que ce qu'il pensait, sa personnalité se développe, et une certaine ambition apparait  dans son regard. On constate ainsi qu'une volonté de donner le meilleur de soi-même et d'accéder aux écoles les plus prestigieuses se crée chez l'élève qui exploite au maximum ses capacités.
Cependant chaque élève n'est pas doté des mêmes capacités,certains ont davantage de difficultés par rapport à d'autres. En effet certains élèves possèdent d'importantes facilités contrairement à d'autres pour qui le travail demandera davantage d'efforts et de sérieux.
Ainsi les élèves n'obtiendront pas tous de bons résultats scolaires et la note accentuera les inégalités. En effet la note divisera les élèves avec d'une part les élèves en difficultés qui seront plus facilement mis à l'écart et oubliés dans un système où seules les notes donnent accès à une poursuite de l'enseignement et une certaine réussite. D'autre part, les élèves plutôt doués seront davantage favorisés avec l'accès à d'importantes bourses de manière à les encourager encore davantage  En ce sens la note est créatrice de nouvelles inégalités au sein de l'école.
De plus la note semble s'opposer aux effets souhaités par la création de l'école . En effet le but premier de l'école est d'encourager un enfant à enrichir sa culture et ses connaissances  et de l'aider à développer et ouvrir sa vision sur le monde qui l'entoure. Or la note d'un élève s'oppose au terme d' « encouragement», et d' « aide ». En effet, lorsque celle-ci s'avère mauvaise, la note pousse les élèves dans le désarroi et, telle une bombe arrivée par surprise dans leurs mains, explose et détruit la motivation. Cela a pour conséquence une baisse d'attention durant les cours, un découragement et après l'accumulation de diverses bombes, l'entrée de l'élève dans un cercle vicieux. Ainsi l'élève découragé a davantage de difficulté à s'intéresser aux matières qui lui sont enseignées, il apprend moins ses leçons  ses notes plongent et tel un bateau qui part à la dérive, il connait de grandes difficultés à revenir à terre, et se laisse entrainer par ce dangereux courant. En ce sens la note agit sur l'élève et entraine d'importantes répercutions sur son moral.
Cependant un élève avec de grandes difficultés, doit -il comme l'exige ses résultats scolaires, être privé d'un accès aux études supérieures ? La scolarité d'un enfant ne devrait pas seulement dépendre de ses notes car celles-ci ne révèlent pas complètement  l'élève qui se cache derrière ce travail, et si l'on veut bien en croire les entretiens pour accéder à certains BTS ou DUT,  la personnalité d'un élève n'est pas à négliger.
En effet de très bonnes notes peuvent révéler une aisance dans la matière enseignée sans que l'élève n'attache une grande importance à l'enseignement qui lui est dispensé alors que de mauvaises notes peuvent au contraire appartenir à un élève sérieux qui redouble d'effort pour obtenir de meilleurs résultats. Ainsi cet élève aurait davantage le mérite d'accéder à un niveau supérieur contrairement au premier évoqué. Dans ce cas là, outre le fait d'accroître  les inégalités au sein de l'école, la note ne valorise pas davantage le travail supplémentaires de certains élèves pour surmonter leurs difficultés et le sérieux intéressement  qu'ils peuvent avoir à l'enseignement qui leur est proposé. En ce sens, dans ce système, l'importance accordée aux notes et aux résultats scolaires  est grande, voire trop grande, car prioritaire face à d'autres éléments tel que la personnalité qui semble être tout aussi importante. Ainsi les établissements dans l'attente de bons résultats scolaires, jugent leurs élèves de la même manière qu'une entreprise se doit de juger ses salariés, c'est-à-dire à sa productivité de bonnes notes, jusqu'à calculer même parfois ses taux de réussite face aux autres écoles concurrentes.
Pourtant il semble que cette productivité ne soit pas obligatoire. D'autres pays, comme la Suède ou la Finlande  reposent sur un système sans notation , et il s'avère que les résultats sont concluants, voire meilleurs qu'en France. Il semble de ce fait possible pour un élève de recevoir un enseignement sans être constamment contrôlé sur son savoir et ses connaissances .

De plus grâce à cette forme d'enseignement, l'élève acquiert une certaine autonomie, et voit en l'école une chance accessible à tous et non un établissement rempli de différentes embûches à parcourir et d'où ne ressort qu'une minorité.

Publié dans #Texte libre

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Elodie Pourchet 15/04/2009 18:25

Pour commencer Claire, tu ne sembles jamais avoir connu de grandes difficultés dans ton parcours scolaire, c’est pourquoi tu manques de comprendre la métaphore de la bombe . La sensibilité et l’intérêt que l’on porte à son travail, diffèrent d’un élève à un autre . De plus le ressenti d’un résultat scolaire est lui aussi propre à chacun . Seulement il n’est pas rare de voir un élève déçu, en larme , et qui plus est pris au dépourvu , après le rendu des copies . En cela , la mauvaise note, tout comme la bombe est destructrice . Destructrice à la fois de confiance , de motivation , et d’efforts acharnés .
Crois tu réellement qu’un élève moyen, après avoir fait d’importants efforts récompensé de notes égales à celle obtenu auparavant ou encore inférieur à la moyenne souhaitera poursuivre ses efforts ? Es-tu certaine qu’il se sentira prêt une nouvelle fois a rassembler son courage, et à repartir à zéro ?
L’élève n’est pas un surhomme , loin de là . Il a besoin de se sentir soutenu et non pas écraser comme la note qui le juge, et réduit en miette sa volonté .
De plus tu sembles penser qu’un élève se doit d’être constamment pousser, pour qu’il fournisse un travail, ou qu’il accepte de lire une leçon . Dans ce cas pourquoi suis-je en train de te répondre, car rattaché au cadre scolaire, je ne subi aucune pression pour le faire . Que penser aussi des dix huit autres textes libres écrits spontanément par d’autres étudiants , de l’enthousiasme des étudiants pour débattre en classe d’un problème d’actualité , de sujets philosophiques ou encore du succès des cours de soutient ?
L’obligation infligé par le système de notation est -il dans ce cas l’unique façon d’obtenir une réponse positive de l’élève ?
Comme chacun le sait , l’envie qui découle d’une obligation , c’est uniquement de la braver . Et c‘est donc ce rapport de force qui amènent l’élève à ne pas travailler .
Et que penser par ailleurs de la justesse d’une note ?
En effet celles-ci varient d’un professeur à un autre . En cela l’évaluation d’une note, relève d’un jugement plus ou moins sévère , et donc d’une part de subjectivité . Comment est il possible d’étendre un jugement qui reste malgré des consignes , personnelle, à un avis général ?
Est-ce en fonction du professeur qui se cache sous la note que l’on peut ou non accéder à un niveau supérieur ? Il en va de là , un certain paradoxe , le professeur étant censé être le plus neutre possible . Aussi les capacités d’un élève peuvent être surestimés ou au contraire sous-estimés , d’où une mise en garde de la note qui est de loin , un système de notation imparfait .
De plus, un élève ne peut être juger sur quelques devoirs écrits . Je reste convaincue que sa présence, son investissement , se doivent d’être pris en compte . Car compte tenu du système de notation, l’élève est réduit à une machine écrite dont l’unique fonction est de réciter les cours appris , d’où un manque d’investissement en classe , car l’élève s’habitue à ne devenir productif que lorsque cela lui ai demandé . La note encourage donc ce fonctionnement , et empêche l‘élève à devenir autonome .
Le toyotisme par exemple ,impose une grande autonomie aux salariés , de façon à être à même de réagir le plus rapidement possible . Ainsi comment un élève peut il être d’hors et déjà considéré comme un futur salarié sans apprendre dès maintenant à être autonome . Car , l’autonomie est un apprentissage qui s’acquiert a travers le temps , et non pas du jour au lendemain ,dès le premier emploi décroché .

Pour répondre à ta question, Jean-Noeël Even lorsque la matière le permet, le débat me semble tout à fait pertinant . En effet , les élèves découvrent par eux-mêmes la leçon , les sujets et les liens qu’elle englobe, et grâce à l’aide de chacun , trouve une définition complète des notions importantes . De plus il permet à la fois enseignement , et expression orale , ce qui n’est pas à négliger dans un système scolaire où celle-ci est souvent très peu prise en compte . Le débat capte l’attention de l’élève , et l’encourage ainsi à réagir aux propos de ces camarades .

Emilie 07/04/2009 20:30

eh bien...je dois dire qu'au fond, je serais assez d'accord avec Claire. Car on les critique ces notes, c'est évident, on montre leurs limites, mais en même temps, nous basons bien souvent notre propre scolarité sur elles...je ne pense pas me tromper en disant que pour la grande majorité des élèves (dont nous faisons d'ailleurs un peu tous partie), connaître sa note est tout aussi important que de savoir où nous nous sommes trompés..ou pas. Comme si l'on ne travaillait pas pour travailler s'améliorer, progresser mais en vue de ne PAs avoir une mauvaise note, au même titre que c'est souvent plus la peur de l'amende qui nous fait respecter les vitesses que le fait que cela nous "protège", à titre de comparaison. malheureusement c'est vrai. Et puis les notes, aussi critiquables soient-elles, demeurent une "base" sur laquelle l'élève peut se poser, même si un 10 ou un 19 ne résume pas tout...

Claire 03/04/2009 22:19

Je ne suis absolument pas d'accord avec toi, et je vais t'expliquer mon point de vue.

Tu dis être contre le système de notation, mais as-tu déjà remarqué comment fonctionne la plupart d'entre-nous ? Les élèves ne sont pas assez matures pour comprendre que l'école est, comme tu le dis, un lieu destiné à enrichir sa culture, son ouverture d'esprit et ses connaissances. La plupart des élèves voit l'école comme un passage obligé pour accéder à un emploi, et la note est donc l'unique moyen de les motiver, et de les obliger à fournir un travail.
Sans notation, personne ne s'embêterait à apprendre des formules rébarbatives, personne ne ferait ses devoirs, tout le monde viendrait (ou pas) en touriste.
De plus, ce ne sont pas, comme tu le dis, forcément les élèves les plus favorisés qui réussissent ; en effet, un élève sérieux et travailleur peut tout à fait accéder aux grandes écoles, et c'est là le principe même de l'égalité des chances.
Ensuite, lorsqu'un élève reçoit une mauvaise note, il ne doit pas stopper ses efforts, et s'il le fait, il choisit la solution de facilité. Il doit au contraire se remotiver, et redoubler d'attention en cours, conscient de ses difficultés.
Il arrive à tout le monde d'avoir une mauvaise note, et je crois que ta qualification de "bombe qui explose" est inappropriée.
De plus, il me paraît légitime qu'un élève qui n'obtient pas de bons résultats, soit par manque de travail, soit par manque de capacités (ou les deux) n'ait pas accès aux études supérieures, qui vont lui demander justement une plus grande capacité de travail et de réflexion.
J'aimerais aussi rappeler que le but de l'école n'est pas de garder tout le monde dans les voies générales, mais bien de garder ceux qui ont le niveau. On ne peut donc pas accepter les plus faibles sous prétexte d'égalité, s'ils nuisent au plus grand nombre en baissant le niveau général de la classe.
De la même manière, le but des grandes écoles et même des études supérieures en général est de trouver les meilleurs éléments, qu'ils soient très travailleurs ou pas. Il est normal que les élèves soient jugés sur leurs résultats, comme dans une entreprise, puisque dans la plupart des cas ils sont de futurs salariés.
Enfin, la comparaison à des pays comme la Suède et la finlande me paraît inadaptée.
En effet, dans ces pays-là, le système scolaire est foncièrement différent du nôtre. Les élèves les plus faibles sont dirigés très tôt vers des voies professionnelles (qui ne sont absolument pas dépréciées comme elles le sont en france) de sorte que les élèves sont très peu dans les voies générales.
Ils sont peu par classe, déjà sélectionnés ; le suivi est donc plus facile et c'est pourquoi le principe de notation n'est pas utile.

L'école ne doit donc pas être considérée commme un "lieu hostile rempli d'embûches", mais comme un véritable escalier dont les marches ne sont franchissables qu'à l'aide de travail et de capacités.

Jean-Noeël Even 03/04/2009 13:53

Bravo pour la pertinence de l'analyse et la clarté du texte. Vous avez une plume très fluide qui donne au lecteur l'appréciable impression de devenir intellient. Ce qui est toujours agréable.
J'aimerais savoir ce que vous imagineriez pour susciter les nécessaires encouragements propices à accompagner les apprentissages, pour rassurer lors des prises de risques inhérentes à la construction de ses savoirs et de sa personnalité, pour évaluer, enfin, son avancement, parfois erratiques, dans celle-ci.
Continuez d'être libre ; votre liberté enrichit la mienne.

Pourchet Elodie 30/03/2009 17:52

Merci beaucoup pour vos deux commentaires qui m'ont fait très plaizir . Pour répondre à ta question, Alix de Borville , ce sujet n'avait pas été discuté auparavant .Il est le fruit d'une réflexion personnelle sur le système scolaire . En effet, je souhaitais profiter de l'opportunité des textes libres , pour pouvoir m'exprimer librement , en tant qu'étudiant , sur ce sujet . J'espère également à travers ce texte avoir permi à d'autres étudiants de prendre conscience des victimes ainsi que des aspects négatifs de ce système , et qui plus est de s'exprimer sur ce sujet . Vos avis m'intérressent , alors n'hésitez surtout pas a exposer vos points de vue .