Faut-il être naïf pour être heureux?

Publié le 27 Novembre 2008

personnage naïf ou interrogeant? Dessin d'Emilie inspirée par le cours de philo. Dans sa nouvelle Un cœur simple, Flaubert montre à travers le personnage principal : Félicité que l’une des « conditions » nécessaires au bonheur de l’homme est la naïveté. En lisant cet ouvrage on établit un lien entre bonheur et naïveté, (lien qu’il montre également avec le personnage de Charles dans Madame Bovary). Félicité est effectivement assez simple d’esprit, naïve, mais d’une générosité et d’un amour démesurés…et tout simplement heureuse. Selon Flaubert apparemment, l'homme devrait être naïf pour accéder au bonheur. Mais cela est-il vrai et cela vaut-il universellement ? Cette façon de voir les choses semble se justifier lorsqu’on voit toutes les atrocités commises dans ce monde, notre monde, que l’on détruit et qui meurt à petit feu. Oui, l’homme serait en droit de se demander comment il est possible d’être véritablement heureux avec un tel monde qui nous entoure et que nous créons, si ce n’est en fermant les yeux, plus ou moins volontairement. Ou alors en se disant que ce n’est pas grand-chose, que ça ira mieux demain…la naïveté apparaît alors ici comme étant indispensable au bonheur. Sauf que cette façon de voir les choses est au fond extrêmement pessimiste, car de deux choses l’une : en partant de ce constat, on en arrive à la conclusion suivante : soit l’homme est naïf et heureux soit il est réaliste, lucide et par conséquent malheureux. 
                                
 

Et dans les deux cas, l’homme court à sa perte : enfermé dans sa naïveté il ne fait rien, convaincu que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dans l’autre cas, la terre serait peuplée de maniaco-dépressifs complètement désabusés, ce qui n’est pas forcément mieux… Or, on sait bien que ce n’est pas le cas, car on peut très bien être conscient du monde qui nous entoure sans avoir envie de se jeter dans le vide à chaque falaise que l’on rencontre…il ne faut pas forcément être naïf pour être heureux, tout simplement parce que le bonheur est quelque chose de profondément ancré en nous, de très personnel, qui fait que l’on peut être réaliste, conscient et pourtant heureux. Cependant, s’il n’est pas nécessaire d’être naïf pour être heureux, il n’empêche que ces deux éléments sont tout de même étroitement liés, et une autre question peut alors se poser, assez proche quoique différente : si la naïveté peut conduire au bonheur, mais qu’il n’est pas nécessaire de le devenir pour être heureux, le bonheur conduit-il inévitablement à la naïveté ? Sommes-nous naïfs lorsque nous sommes heureux ? Là se pose un autre problème, où l’on serait tenté de répondre qu’effectivement, le bonheur mène à la naïveté, de par toutes les illusions, les rêves, les attentes, les espoirs qu’il apporte avec lui. L’homme heureux se berce de douces illusions, démultipliées justement parce que celui-ci est heureux…jusqu’à la chute, jusqu’à ce que toutes ses illusions disparaissent, en même temps que ce bonheur qui est petit à petit remis en question. Le bonheur mène à la naïveté, qui peut mener au bonheur, qui…etc. tout est alors histoire de cercle vicieux – ou vertueux, c’est selon- avec la conséquence que cela implique : arrive un moment où ce cercle devient incontrôlable…et se transforme en spirale sans fin.

Et dans les deux cas, l’homme court à sa perte : enfermé dans sa naïveté il ne fait rien, convaincu que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Dans l’autre cas, la terre serait peuplée de maniaco-dépressifs complètement désabusés, ce qui n’est pas forcément mieux… Or, on sait bien que ce n’est pas le cas, car on peut très bien être conscient du monde qui nous entoure sans avoir envie de se jeter dans le vide à chaque falaise que l’on rencontre…

Emilie, TES1
 

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