Se méfier d’une certaine "bienveillance"

Publié le 20 Octobre 2016

 

Dans un texte intitulé « Réponse à la question : qu’est-ce que les lumières ? », le philosophe Emmanuel Kant évoque la paresse et la lâcheté des hommes dès qu’il s’agit de réfléchir.

Certes, penser par soi-même demande des efforts et comporte quelques risques : se tromper, se trouver isolé, jugé par les autres. Mais fournir ces efforts et affronter ces risques sont des conditions pour se construire, de même les exercices physiques sont nécessaires pour développer son corps.

« Ose savoir !» nous encourage le philosophe Kant. Celui ou celle qui ose, se brusque un peu lui-même, il ne se laisse pas aller à la facilité qui plaît spontanément. Mais c’est un plaisir bien plus puissant qu’il découvre et apprend par l’exercice de la réflexion : celui de se sentir vivant et autonome.

Toutefois, il est des tuteurs différents du philosophe Kant. Ils sont tout en « amabilité », ils proposent de savoir à notre place, ils connaissent des vérités qu’ils disent « scientifiques ». Ils donnent d’un ton docte des explications qui n’en finissent pas et qui finissent par endormir et ôter l’idée même de chercher. Au lieu de pousser à se risquer, à questionner, ils intimident en exagérant les dangers, en faisant sentir des menaces. Ils peuvent alors protéger avec sourire et « bienveillance » ceux qu’ils ont abrutis et qui restent tout timides.

Etre bienveillant, est-ce protéger l’autre ou l’encourager à se risquer ?

Rédigé par L.Bouchet

Publié dans #Réflexions sur la pédagogie

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