Lecture d'un texte de Claude Lévi-Strauss : nous méfions-nous spontanément des étrangers ?

Publié le 18 Octobre 2016

Chronique d'un cours en classe de terminale STMG :


Ce jour-là, nous travaillons sur un texte de Claude Lévi-Strauss. Les élèves semblent effrayés à la lecture de l’extrait : « Madame, on n’y comprend rien ! » s’exclament-ils. Alors je demande : comment faire face à cette difficulté ? Un élève propose de comprendre chaque mot, un autre plutôt de saisir le sens global. C’est cette dernière méthode qui est adoptée par la classe. Chacun note donc une phrase qu’il pense avoir comprise du texte et vient la noter au tableau. Une phrase est retenue : « nous rejetons les formes culturelles qui sont différentes des nôtres ». L’essentiel du texte est capté. L’obstacle est levé. 
Je pose la question : pourquoi rejetons-nous les formes culturelles différentes des nôtres ? Ellon propose : parce que nous avons généralement peur de ce qui est différent. Une grande majorité d’élèves lèvent la main pour signifier qu’ils partagent ce point de vue. Toutefois Sofiane a une objection sur l’adverbe « généralement ». En réalité, la plupart des gens n’ont pas peur des formes culturelles différentes, les hommes sont donc d’après lui, plutôt confiants que méfiants. Mais nous prêtons attention à ceux qui ont peur et rejettent les cultures différentes car c’est ceux-là qui se manifestent et font du bruit. Sofiane pense que nous sommes donc victimes d’une illusion qui nous pousse à commettre une généralisation abusive. Nous remarquons et nous nous focalisons sur ce qui pose problème, pas sur ce qui fonctionne. L’idée d’Alan me paraît stimulante. Elle éclaire la réflexion d’un jour nouveau. Je prends le temps d’arrêter la classe sur cette idée qui fait sens pour beaucoup d’élèves. Théo reprend. Ce que dit Sofiane est vrai pour les cultures qui se côtoient habituellement. Juifs, musulmans, chrétiens, athées et selon nos pays d’origine nous n’avons pas peur les uns des autres, mais si nous allions vivre dans une culture totalement différente de la nôtre chez les Papous par exemple, nous aurions peur. Oui renchérit Romaric, car généralement l’homme aime ses habitudes qui le rassurent et les changer l’inquiète.
Les idées fusent. Les élèves qui participent ne cherchent pas à être de bons élèves, ni à donner les bonnes réponses. Ils cherchent à penser. Tout cela me semble stimulant.
Toutefois je demande si quelqu’un a remarqué quelque chose. Oui dit Félix : seuls les garçons s’expriment. Les filles n’ont rien dit. Je demande si cela pose problème. Des garçons lèvent la main pour signifier que oui, mais aucune fille ne se manifeste. Je m’adresse à elles : ne rien dire ne vous pose pas problème ? Pas de réponse. Ce n’est pas la première fois que je constate une telle difficulté chez les jeunes filles à s’exprimer publiquement. Voilà une habitude installée dans la classe que nous chercherons à changer même si changer les habitudes inquiète quelque peu comme l’a dit Romaric. La philosophie, tels le yoga ou la gymnastique, ne permet-elle pas d’assouplir les rigidités dans lesquelles nous nous enfermons ? (les prénoms des élèves de la classe ont été modifiés).

Rédigé par L.Bouchet

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Fouad 18/11/2016 21:52

jadore votre façon de presenter le cour de philo . je partage egalement lidée de Sofian , on a tjr des prejugé enver les autre cultures , on tient tjr a cette moral personnel et de se considerer trop civilisé ou trop moral sur lautre . merci , bon courage .